Ces groupes qui ne sortent jamais de leur pays...

Publié le par L'équipe de Black Roots Metallistic

Il en est des groupes qui ne sortent jamais de leur pays. Ce n'est pourtant pas une question de qualité. La France en est un parfait exemple, des groupes existants depuis plusieurs (dizaines?) d'années n'ont jamais réussi à sortir de l'Hexagone. Là où c'est vraiment étonnant c'est que c'est le cas dans d'autres pays.

 

 


 

La Finlande connaît également sa tripotée de groupes qui n'ont jamais atteint la postérité qui devrait leur être dû.

 

Turmion Kätilöt fait parti de ces inconnus, délaissés de l'international. Ce nom barbare signifie délicatement « Sages femmes de la destruction » ou encore « Sages femmes de la protestation ».

 

On est dans l'indus, du moins ce qui s'y apparente. Un vrai metal trempé d'electro en somme. Depuis 2003 le groupe a largement fait ses preuves en Scandinavie. "Colère" est le mot qui définirait le mieux leur musique. Tout ce qu'il y a de plus doux, de romantique, de tendre et de poétique dans l'humanité y est abordé dans les textes : SM, bondage, violence, mort, dérives religieuses, guerre, tristesse... Un beau bouquet de bonne humeur en soit.

 

Tous les clichés du metal se retrouve pendant les concerts : corpse painting, bracelets à clous, circle pit... mais le tout avec (parfois) une touche d'humour. L'on sera sans doute surpris de voir le groupe s'amuser à reprendre Las Ketchup, ce groupe oublié des années 2000...

 

Les prestations scéniques ont un côté vraiment spectaculaire, on est loin de l’esthétique des français de Punish Yourself mais plutôt dans le spectaculaire brut : SM, provocations parfois bondage mais toujours dans la bonne humeur et la sympathie.

 

Là où c'est vraiment fou c'est que l'international Pain joue en première partie de Turmion Kätilöt en Finlande. C'est dire si ce groupe est reconnu ici.

 

Comment expliquer que ces groupes soient condamnés à rester dans leurs frontières ? Concrètement les artistes français que les allemands où les scandinaves connaissent aujourd'hui se limitent à Edith Piaf et parfois Manu Chao... On se passera de commentaires.

 

On est pourtant à l'heure d'Internet, de la mondialisation et de tous ces trucs de nouvelles technologies d'informations communications alors pourquoi ?

 

Il semblerait que le travail de promotion des labels au niveau international reste indéniable malgré la crise du disque et l'effondrement des anciens modèles d'industries culturelles...

 

Le choix de la langue reste un élément important : le français n'est pas fait pour le hard rock, c'est une certitude, mais cela voudrait dire que le Metal devrait se limiter à l'anglais ? C'est vrai que pas grand monde irait écouter un groupe dont il ne comprend pas le nom et encore moins si il ne peut le prononcer. Thomas Gurrath, le chanteur de Debauchery nous l'avait expliqué il y a quelques années à Dijon : pour un groupe, le plus important c'est le nom. Il fallait, selon-lui que celui-ci soit court, incisif et marque les esprit. Il regrettait d'ailleurs que Debauchery soit si dur à prononcer. Pour étayer son propos, il nous avait sorti « une fois que t'as entendu le mot Slayer, tu ne l'oublies pas... ».

 

Il n'a pas tord.

 

Beaucoup d’élément culturels sont a prendre en compte. Une volonté politique globale d'échange semble indispensable pour permettre à des groupes de traverser les nations. Helàs ces échanges se limittent, quand ils existent à des compétitions. Bon ok, l'Eurovision a du bon. Sans l'Eurovision, qui connaîtrait Lordi aujourd'hui ou encore qui serait capable de donner un nom de groupe Slovène ?

 

Si la volonté de l'Union Européenne est de créer une vraie communauté, elle devrait peut être s'atteler à plus d'échanges culturels plutôt que des échanges uniquement économiques...

 

Il paraît que la musique est un langage international mais qui a parfois bien du mal à traverser les frontières en utilisant un autre navire que celui des Majors...

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