Eluveitie - Slania (2008)



Comme n’a pas manqué de le préciser Jérôme, il est des groupes qui surfent sur la vague de Folk Metal qui s’abat sur nos oreilles depuis quelques temps déjà. Il en est d’autres que même le novice que je suis peut, à la première écoute qualifier de « true evil folk metalleux », passez-moi l’expression. Il est temps de s’éloigner un chouia des inénarrables frasques Humpa-Humpa de Korpiklaani, un des groupes chouchous de l’émission, pour attaquer un gros morceau : Eluveitie. Pas de secret, quand un groupe chante en gaulois helvète, et dont le nom signifie « je suis le suisse »…il y a toutes les chances qu’il vienne de…Suisse ! (ceux qui ont trouvé la réponse ont gagné un kilo de sucre). Il est temps de mettre fin à un a priori qui handicape les groupes provenant de cette merveilleuse contrée : oui, il est possible de faire du Metal au milieu des alpages, des montres, du chocolat et des banquiers (Black Roots Metallistic lutte contre les clichés !), et du bon, ma foi.

 

Avant d’être un groupe, Eluveitie a surtout été un projet studio, avec pour ambition de mélanger plusieurs instruments traditionnels avec un Death Metal Mélodique. Formé en 2002, et accouchant dès 2003 d’un premier EP : Vên qui se verra bientôt décrété Sold Out : Eluveitie est efficace, plaît et apporte un air frais en s’autoproclamant appartenant à la nouvelle vague du Folk/Pagan Metal. Après leur signature sur Fear Dark Records, et l’enregistrement d’une nouvelle version de Vên, le groupe sort Spirit. C’est un carton, et 2005 où la formation fait son Grand Bond en Avant, aussi bien avec le succès rencontré qu’avec les remaniements de Line-Up. Après avoir migré sur le label allemand Twilight, Eluveitie annonce le 12 avril 2007 le nom de son nouvel album : Slania, un vieux prénom helvétique qui résonnera encore longtemps à nos oreilles.

 

Penchons nous donc sur ce disque. Insertion dans la platine. PLAY. C’est parti. Un feu qui craque, la voix de Slania…et c’est le déluge. Résonnent les Uilleann Pipes, Cornemuses et autres instruments traditionnels, merveilleusement mis en valeur par un son de guitare tonitruant. Le ton est donné, et nous voilà spectateurs de la vie de cette fille, dont on devine qu’il s’agit de celle représentée sur la pochette de l’album. Du berceau à la tombe, des champs de bataille au retour sur sa vie. Inis Mona nous conte l’amour de la terre d’origine (As long as I breath, I call you my home) sur le célèbre thème de Tri Martelod  et Calling the Rain une mise en sépulture. C’est presque un album concept que nous livre Eluveitie. Cette trame qui donne un certain cachet à l’ensemble de l’œuvre est appuyée par des compositions d’une rare efficacité (The Somber Lay, Calling the Rain…). Slania Song, son intro à la vielle à roue, son chant en gaulois helvète et le dualisme des voix constitue ici un pilier central, autour duquel se construit la vie de la jeune Slania. On peut néanmoins émettre quelques réserves, comme sur Tarvos et sa trop grande proximité avec le son de la scène suédoise, ou la voix de Chrigel qui rebute certains (c’est un parti pris, en ce qui me concerne, j’adore), mais il serait malhonnête d’admettre que l’on est pas enchanté à l’écoute de Slania, qui nous livre un album uniforme, ultra efficace, bien cadencé, proposant des intermèdes intrumentaux traditionnels entre les décharges de violence, chacun d'entre eux représentant une des saisons du calendrier celtique. La boucle est bouclée à l’écoute de la version accoustique de Samon. Naître, vivre et mourir, dans l’estime et le respect des siens semble être le message que nous transmet ici Eluveitie.

 

A consommer sans modération, d’une rare accessibilité, et contenant des chefs d’œuvres, tels Calling the Rain. Gageons que le groupe nous surprenne davantage encore. 


Line-Up :

Kay Brem : guitare basse, chœurs

Chrigel Glanzmann : chant, tin et Low Whistles, uilleann pipes, mandola, guitares acoustiques, bodhrán

Ivo Henzi : guitare, chœurs

Päde Kistler : flûte irlandaise, Tin et Low Whistles, cornemuse celtiberian

Siméon Koch : guitare, chœurs

Anna Murphy : vielle à roue (Hurdy-gurdy)

Merlin Sutter : batterie

Meri Tadic : violon irlandais (fiddle), chant


Discographie :

2003 : Vên (autoproduit)
2004 : Vên (ré-enregistrement quasi-complet) (Fear Dark)
2006 : Spirit (Fear Dark)
2008 : Slania (Nuclear Blast)
2008 : Live at Metalcamp (Nuclear Blast)


Martin