Five Finger Death Punch - War is the Answer (2009)

http://www.buzzgrinder.com/images/gd_ffdp092409.jpgA force de mépriser les groupes un tant soit peu récent qui émergent de la scène américaine, on a tendance à passer à côté de choses intéressantes. Ne voyant que des fans de Hardcore, Post-Hardcore, Metalcore ou Christiancore outre atlantique, on y perd un peu son latin, quoi encore ? Il est néanmoins sympathique de déceler parmi ce chaos dégoulinant quelques petites perles, à l'image de Five Finger Death Punch. Un nom pour le moins original, et un second albulm, War is the Answer qui cartonne en ce moment aux States (meilleure place : 7e au Billboard). La tournée de 5FDP, nommée le Shock and Raw tour, rassemble sous la bannière du groupe Shadowfall, 2Cents et surtout Otep. A noter qu'il est d'ors et déjà confirmé que nous retrouverons le groupe au Download Festival 2010 et dans les têtes d'affiche du Hammerfest II, festival organisé par le très connu et très respectable magazine allemand Metal Hammer.

 

Formé en 2005 par Zoltan Bathory (guitariste rythmique), le groupe compte bientôt parmi ses effectifs Ivan Moody (chant), ex-chanteur de Motograter, Jeremy Spencer (batterie) issu des WASP, Matt Snell (basse), ancien d'Anubis Rising. Depuis cette année, c'est Jason Cook qui officie à la guitare lead, remplaçant Darell Roberts. Après un premier, et fort intéressant album The Way of the Fist, mixé et masterisé par Logan Mader (qui a joué avec deux petits groupes de la scène Metal, Soulfly et Machine Head, rien que ça), et qui a grimpé aux sommets des charts américains, 5FDP accouche de ce War is the Answer qui commence dès la première semaine fort (arrivée 7e dans le Billboard, etc.). Mais un album de Metal américain qui se classe aussi bien dans les charts (ce dont, entre nous, nous n'avons cure) vaut-il la peine d'écrire cette introduction détaillée ? Eh bien, il semble que oui.

 

Metal Américain, avec le label Kellog's sur le côté, et le petit oncle Sam en décalco brillante sur la pochette, c'en est, c'est sûr (ne me prenez pas au sérieux, il n'y a pas vraiment de label Kellog's et de décalco oncle Sam...). Premier titre, Dying Breed, et une intro des plus trash. Des paroles un chouia hurlées et puis...le refrain. Oui c'est efficace et accessible, mais putain qu'est-ce que ça passe bien avec le reste ! Un certain groove dans les ponts, une variété de chants intéressants pour Ivan Moody et/ou les membres du groupe qui chantent à ses côtés. On retrouvera cette variété sur la plupart des titres de l'album. Et là, pouf, le solo, à la Megadeth avec gammes déroulées en légato et tout le toutim. Pour le coup ça dépayse. 3 minutes, pas le temps de s'ennuyer et une excellente entrée en matière pour les américains. Vient alors Hard to See, single ronflant de l'album. Avec un côté plus radiophonique, mais bourré de bonnes idées (ce riff sur le couplet, le blanc avant le second couplet, etc.). Un refrain des plus accrocheurs, qui met en scène une nouvelle fois les possibilités vocales d'Ivan Moody dont, notamment dans les backing vocals on pourrait trouver une proximité avec Michael Poulsen de Volbeat ! http://omahanightlife.com/images/1/media/2009/09/10/five-finger-death-punch-back.jpgLa chose n'est pourtant pas aisée et les 2 styles sont assez éloignés, mais écoutez bien. Les titres suivants Bulletproof et No One Gets Let Behind sont dans la même veine que Dying Breed, efficaces, accrocheurs, quoique manquant peut-être d'un tout petit chouia de personnalité. A l'ouverture de Crossing over, c'est le premier titre au tempo un peu plus ralenti de l'album. Une ballade, en fait, sans chant hurlé, mais là encore, le côté travaillé des compos rend le tout très accessible. Ce n'était pas le moment de vous endormir, puisque Burn it Down, sans doute un des morceaux les plus agressifs. Un riff parfait pour le headbang, un chant saturé, mais au demeurant très mélodique (à la ricaine, quoi...), bref, un moment agréable pour vos oreilles. A votre copine qui n'aime pas le Metal (grand mal lui en soit, mais bref !) qui s'était réfugiée dans la cuisine de peur de voir ses tympans pulvérisés, vous pouvez la rappeler sur Far From Home, la ballade romantique de l'album sur laquelle, si vous vous démerdez bien, vou pourrez faire passer n'importe laquelle de vos perversions pour une marque d'amour intense. Guitare acoustique en intro, cordes en arrière plan, montée en puissance progressive. Moment d'une tristesse toute américaine, lorsque le teenager metalleux perd sa copine qui ne supporte plus sa différence. Il va alors se réfugier dans le Metal, c'est beau...snif. 3 min 32, c'est court, et à peine a-t-elle versé la première larme qu'elle retourne mettre ses boules quies quand retentit le riff imposant de Falling in Hate. Sympathiques sont, dans cet album, les multiples changements d'ambiance, qui contribuent à donner une impression de diversité. Le reste de l'album perpétue ce rythme, avec néanmoins Canto 34, morceau instrumental qui brille par sa non-originalité, dommage. Bad Company est beaucoup plus intéressant avec son son de guitare au flanger en intro, et le riff de son refrain.


Des titres originaux qui se démarquent dans un album d'un grande cohérence, c'est là la marque d'un travail de qualité. Ce War is the Answer présente des phases de Metal assez trippantes (pas de blast pour vous amateurs de death, désolé), juxtaposées avec des structures Pop/Rock (saturées, rassurez-vous) d'un relative efficacité mélodique. De même, le groupe s'est forgé une identité et un son, de la voix reconnaissable d'Ivan Moody aux solos très heavy de Jason Cook. Un mélange intéressant qu'on attend au détour de la scène cet été.

 

Members

Discography

The Way of the Fist

War Is the Answer[6]


Martin