Interview Ghost Brigade

Publié le par L'équipe de Black Roots Metallistic

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 "si tu veux vraiment être un rebelle aujourd'hui il faut faire un album techno, c'est tellement plus punk"

 

Wille, le guitariste de Ghost Brigade a bien voulu nous accorder une vingtaine de minutes autour d'une bière, calme, discret et réservé comme beaucoup de Finlandais il nous a quand même livré quelques secrets avant que le reste du groupe nous rejoigne...

 

 

Ghost Brigade existe depuis 2005, quels sont les choses les plus importantes que vous avez apprises durant ces années à tourner dans les plus grands festivals européens et à sortir des albums tous de grandes qualité ?

 

Um...C'est intéressant de voir comment en sept ans on a appris à se connaître plus profondément. J'entends par là qu'on était tous pote avant bien sûr mais pour le coup ce fut véritablement une aventure humaine. Tu sais quand tu passes tes journées dans le même bus à faire des centaines de kilomètres, ça t'apprends beaucoup sur la nature humaine, sur ses mauvais côtés mais surtout sur ces très bon aspects.

Tu apprends vraiment à te connaître à te respecter. Je pense que c'est là la chose la plus importante qu'on ait apprise. Et, aujourd'hui le groupe se porte mieux qu'il ne l'a jamais été.

 

La majorité des membres de Ghost Brigade vient d'un groupe qui s'appelle Sunride, tu peux nous en dire quelques mots ?

 

Sunride c'était un groupe que j'avais avec Veli-Matti Suihkonen, notre batteur. On a commencé à jouer avec des potes en 1993 je crois. L'idée principale c'était de jouer du Death à l'ancienne. Et puis à force de jouer on a commencé à avoir de plus en plus d'influence rock. On est devenu « des fans de Death » qui jouent du rock. Tu sais on été jeune à l'époque. On a sorti quand même trois albums et puis on a commencé à avoir un projet parallèle qui est devenu Ghost Brigade. En 2006 il me semble on a décidé d'arrêter avec Sunride parce qu'on avait fait le tour de ce qu'on voulait faire.

 

Pour revenir à Ghost Brigade, dans de nombreux texte on retrouve la tristesse, la mélancolie ou même la nostalgie, est-ce que votre enfance perdue ne vous manque pas ?

 

Pas vraiment tu sais. C'était une bonne période mais maintenant on est adulte. Ca apporte des responsabilités et ça te permets de faire des choses. Simplement vivre ta vie. J'aime bien être un adulte...

 

Il y a un travail important sur les textes, il y a une gros influence de la littérature et de la poésie, quels en sont les principales influences ?

 

Tu sais je n'écris que trois ou quatre morceaux par album. Je ne suis pas le plus apte à répondre à ta question. Cependant, tout ce que j'écris relate des réflexions personnelles ou des sentiments profonds. Je ne lit plus tellement.

 

La Finlande est une Terre Sainte pour le rock et le metal en général. Est-ce que tu penses que si c'était la musique majoritaire/la plus mainstream au niveau mondial tu jouerais de la pop ou de l'electro ?

 

Tu sais en Finlande le metal est déjà très mainstream. Mon père aussi écoute certain groupe aussi. Je me souviens d'avoir dit à un pote un truc du genre « Si tu veux vraiment être un rebelle aujourd'hui il faut faire un album techno, c'est tellement plus punk ». Pour te dire vrai, j'ai perdu beaucoup d’intérêt pour la scène metal actuelle. J'aime toujours écouter ce qui m'a fait grandir bien sûr.

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Tu aimerais jouer d'autre style de musique ?

 

Oui, clairement. J'aimerai bien faire des trucs dans la lignée de Massive Attack. Sinon j'aimerai bien me remettre au rock classique. Un truc à l'ancienne un peu comme Thin Lizzy.

 

Pour te poser une question un peu plus personnelles, est-ce que tu pourrais nous raconter un de tes souvenir de concert, de tournée ?

 

Wille réfléchit longuement.

 

Si tu veux c'est dur de répondre à cette question. C'est un tout, un assemblage de beaucoup d'éléments. Par exemple quand j'étais jeune j'étais un grand fan d'Amorphis, maintenant on a tourné avec eux et ils sont devenus de très bon amis. C'est pareil avec Paradise Lost. Je me souviens, quand j'avais quinze ans, j'allais chez un de mes potes, on passait notre temps a regarder une VHS du groupe en boucle, encore et encore. C'était une compile avec Slayer, Type O Negative et Paradise Lost. Je trouve extra-ordinaire que vingt ans après on a joué avec eux. C'est là que tu réalise que ton groupe est devenu quelque chose. Je crois que c'est ça mes meilleurs souvenir. Des rencontres et des échanges.

 

Et pour ce qui est des mauvais souvenir, je n'en ai pas non plus spécialement de mauvais. Il se passe toujours plein de trucs, des accidents, des ratés, des oublis des choses qui se passent mal. C'est une partie du jeu. Un soir tu vas te rendre compte que tu joues avec Paradise Lost et le même soir tu vas te prendre la tête avec ton batteur. C'est comme ça, il y a des bon aspects et des mauvais côtés.

 

Je crois que mon plus gros raté, ce qui m'a mis vraiment mis en colère c'était au Wacken, il y a quelque temps. Ma guitare était cassée et le festival avait décidé de faire une vidéo, on ne m'entend pas jouer... Franchement il y a de quoi être en colère, deux jours de voyage pour un set de trente/quarante minutes et tu ne peux pas jouer parce que ta guitare est morte...Mais bon, encore une fois, c'est le jeu.

 

Vous travaillez avec Season of Mist, comment s'est passé la rencontre ?


On a eu beaucoup de chance. On a envoyé nos premiers enregistrements à une dizaine de labels. Et pour la première fois le label a pris le risque de nous signer pour trois albums. Ce qu'on a apprécié c'est qu'ils ont été très honnêtes, très sincères, droits et clairs. Ils nous ont clairement dit qu'ils prenaient un risque avec nous et on a apprécié qu'ils nous le dise sans mensonges, ils ne nous ont rien fait miroiter. On a eu beaucoup de chance.

 

Si on ne dit pas de bêtises tu t'occupes des artworks ? Est-ce que tu peux nous expliquer comment tu t'y prends ?

 

C'est toujours calamiteux. Je ne sais jamais que faire. Je m'en sort toujours au dernier moment. J'aime beaucoup prendre des photos et griffonner. Ca m'aide beaucoup. Et puis, je joue souvent avec photoshop... Mais en général une semaine avant les rendus je ne sais toujours pas quoi faire. C'est une sorte de long procédé, comme si ça devait mûrir au fur et à mesure inconsciemment je pense. Il suffit que je commence à m'y mettre et ça se fait après une ou deux nuit blanches.

 

Bon pour passé aux questions sérieuses, les grands classiques de BRM : c'est quoi t'as couleur préférée ?

 

Le gris.

 

Et si tu pouvais décrire avec des termes de cuisine ?

 

Um, (après une longue réflexion), je pense que ça serait de la viande finnoise comme du rênes, bouilli à feu doux pendant des heures avec un bouquet de légumes frais.

Si je dis du vin rouge avec ça serait trop goth nan ? (rire). Bon alors, un russe blanc je crois.

 

Et tu chantes quoi sous la douche ?

 

La plus part du temps, je ne chante pas mais ça m'arrive d'avoir de ces petites musiques de pub stupide et de les fredonner...

 

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(On rappelle que l'alcool doit être consommé avec modération hein!) malgré les invitation de Tommi Kiviniemi

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