Moonspell - Night Eternal (2008)





Label : SPV (Heaven and Hell, Motorhead, Helloween, Kreator, Sepultura, Saxon, Malmsteen, Iced Earth..)
Pays : Portugal
Style: Dark metal



Moonspell est un groupe très apprécié par l'équipe de BRM, pour preuve l'excellente chronique de Polo sur le dvd "Lusitanian Metal" et l'émission spéciale qui l'a suivi.


Un grand groupe, voilà pour présenter rapidement Moonspell, des chef-d'oeuvres à la pelle : Wolfheart, Sin Pécado,Irreligious et The Butterfly Effect sont plus que recommandables, mais au delà des "exploits" studio, Moonspell est un excellent groupe live et est fort de 20 années de carrière (et oui ! groupe formé en 1989).


Une longévité qui fera pâlir les centaines de formations éphémères, malheureusement de plus en plus nombreuses, dans un milieu metal qui était jusqu'ici relativement épargné par les soubresauts du marché du disque.


La carrière de Moonspell est un exemple à suivre pour les jeunes groupes qui émergent, une diversité discographique unique, car entourée par l'aura des Portugais, peu d'artistes parviennent à varier et à innover sans perdre leur identité (un exemple parmi tant d'autres, Metallica période Load/Re-Load).


Pour moi, Night Eternal entre dans l'histoire comme une réponse aux fans déçus par l'album "Mémorial" (2006), le seul faux pas discographique du groupe, il fallait se ressaisir, Moonspell fait mieux et nous gratifie d'un nouveau chef-d'oeuvre.

 

Pourtant, les inquiétudes étaient palpables avant la sortie de ce Night Eternal, le groupe décidant de faire appelle à Anneke van Giersbergen (ex The Gathering) et annonçant un album plus "symphonique". Voix féminines, orchestrations...Les fans de la première heure redoutent un Moonspell "Nightwishifié" (mot inventé pour l'occasion), un Moonspell voulant effacer le revers "Mémorial" par un album plus "Mainstream" histoire de recadrer les ventes.

 

Bref, on en entend des vertes et des pas tellement mûres non plus..Le groupe est bien plus intelligent que ce que pensent certaines personnes, il ne vendra pas son âme et le discours "promo" restera anecdotique.


 

Intro impériale, sombre, presque chaotique..En avant marche pour une bonne dose de puissance mélodique sombre. Moonspell n'a jamais aussi bien porté le drapeau du "Dark metal".

Au choix, pour les amateurs de boucheries metalliques, des riffs puissants, des tourbillons sonores, pour les adorateurs de la mélodie, de la beauté vocale féminine et des arrangements subtiles. Night Eternal va rassembler l'ensemble du public sur la même longueur d'onde.

Moonspell fait dans le feutré, rien n'est lourd, rien est de trop, pas de place pour le mauvais goût, l'équilibre semble être naturel.

Et pourtant ça innove, encore et toujours, des sons de guitares originaux "Spring of Rage", des variations instrumentales sur le majestueux " First Light" , la puissance des arrangements du titre éponyme (écoutez cette profondeur sonore!!) Moonspell joue une fois encore avec les ambiances, une réussite totale, sans pour autant lâcher le côté Black metal des débuts.


Chant guttural, distortions puissantes, son de batterie top de chez top, le tout relevé par une production parfaite. Du haut niveau pourrait-on dire.


Et pour les romantiques (il y en a chez BRM) deux morceaux plus posés "Scorpion Flower" avec la belle

Anneke en soutient vocal et "Dreamless" qui prouvent par leurs qualités que Moonspell est toujours aussi à l'aise dans le mi-tempo (on parlera une fois de plus des différentes ambiances et des détails subtiles, magnifiques).



Les amateurs d'audace guitaristique y trouveront leurs comptes également, les solos sont inspirés et débordent de feeling, pas de hasard, pas de remplissage, que du bon. Comptez tout de même une bonne dizaine d'écoutes avant de bien saisir chaque nuances qui marquent le travail du groupe.

On retrouve à l'intérieur de chaque morceau une telle richesse qu'il faudrait bien 100 pages de descriptions, le travail du groupe est incroyable, un océan sonore dans lequel reflète le soleil de Moonspell, que l'on espère voir briller encore et encore.


L'horizon musical est tellement plus beau avec de telles oeuvres.

 

Mes titres favoris (même si ils sont tous excellents):


Night Eternal:
Introduction en "clean", variation des ambiances, apparition des guitares dans un fracas rythmique, le son est énorme. Fernando Ribeiro pose sa voix dans un déluge saturé, les arrangements sont presque enchanteurs, couplet et refrain sont des plus inspirés. On se laisse aller pour un enchaînement de solis grandioses, et on en reprend de plus belle avec une rythmique lourde et des arrangements "sous-marins". Apothéose finale, 4 minutes d'intensité musicale.

 


Scorpion Flower:
Morceau mi-tempo qui dégage paradoxalement une puissance magistrale, la voix d'Anneke V.G. apporte un plus considérable. La rythmique batterie/guitare donne un groove agréable, les arrangements sont également très "fins". Quelques notes de piano, une nappe de clavier, quelques sons de guitare qui font la différence. Fernando Ribeiro se révèle aussi excellent dans un registre clair presque grégorien que dans le domaine guttural (qui domine l'album).

Dreamless:
Morceau qui a contribué à la promotion de l'album, il se rapproche de ce que faisait Moonspell à l'époque Sin Pécado. Les lignes vocales sont inspirées, le refrain est original et réussi, soutenu par quelques trémolos à la guitare, arrangement qui fait toute la différence.

 

Moins garni que la majorité des autres titres de Nigth Eternal, Dreamless est efficace et globalement plus accessible pour le "grand" public.


First Light:
Le titre le plus symphonique de l'album, Moonspell y joue la carte de l'atmosphère ténébreuse, peut être même plus encore que sur l'ensemble de l'album. Les choeurs sont absolument sublimes, n'y trop en avant, n'y inaudibles, ils sont relevés par les guitares, une nouvelle fois magistrales. Les arrangements sont absolument remarquables (encore et toujours), et puis, quel solo !. Un final remarquable, une conclusion d'anthologie.



                                                                                                                                             
Jérôme
Titres :

At Tragic Heights
Night Eternal
Shadow Sun
Scorpion Flower
Moon In Mercury
Hers Is The Twilight
Dreamless
Spring of Rage
First Light




Line-up :

Fernando Ribeiro (chant)
Ricardo Amorim (Guitare)
Pedro Paixao (Clavier, guitare)
Mike Gaspar (Batterie)