Marilyn, un peu de reflexion...

Marylin Manson est sans doute un des personnages les plus représentatif de la scène hard-rock/metal des années 90. Devenu un des leaders mondial du metal aux yeux de nombreux adolescents il est intéressant de comprendre l’esthétisme, l’image de cet artiste et de son groupe. Il a toujours joué sur la provocation et sur une dénonciation très virulente de la société américaine contemporaine ainsi que d’une contestation certaine de la religion chrétienne.
Le nom que Brian Warner a choisi n’est pas innocent : Marilyn Manson est en soit déjà une provocation de la société américaine. Il s’agit en effet de l’assemblage de deux opposés : Marilyn Monroe ainsi que Charles Manson. La première étant l’actrice américaine, le second un tueur en séries et dément. On trouve d’emblais une dualité des plus étrange : la création d’un nom fait de deux personnages mondialement connu. L’artiste est donc provocateur à travers le pseudonyme qu’il a choisi. 
Dans un premier temps nous essaierons de comprendre la signification du logo du groupe puis dans une deuxième partie nous travaillerons sur l’identité visuelle qui a été créée à l’occasion de l’album « Mechanicals Annimal ».

Le logo de Marilyn Manson est des plus simple. Deux lettres blanches encadrées par un double losange de même couleur sur un fond noir. Les deux lettres choisies étant le M, premières lettres du pseudonyme de l’artiste.
Les couleurs en elle-même sont simples : blanc sur noir. Il faut y voir ici un contraste qui se retrouve dans toute l’identité du personnage.
La forme de typographie est très anguleuse, agressive, pointue. Un peu comme si elle figurait des objets coupant ou sur lesquels on peut se faire mal. L’esprit d’agressivité est donc présenté dans le logo même. Cette agressivité se retrouve indubitablement dans la musique et dans la virulence des propos tenus.
Le choix du losange comme cadre n’est pas non plus innocent. La sémiologie y voit souvent l’image de la féminité, l’image de la femme enceinte. D’autres explications plus anciennes définissent le losange comme un des signes du Diable.
Le Diable étant lui-même un des personnages revenant régulièrement dans les paroles de Manson.
 Le redoublement de lettre évoque directement le troisième Reich avec le symbole des soldats SS dans les rangs Nazis. La typographie utilisée présente d’ailleurs de nombreuses similitudes. Il faut noter que Marilyn Manson lors de la tournée mondiale d’ « Antichrist Superstar » avait pour symbole un S stylisé inscrit dans un cercle rouge. Celui-ci est très proche du symbole des Jeunesses Hitlériennes. L’esprit provocateur de Manson est donc bien présent et il n’hésite pas à mêler réalité historique et image provocatrice. L’image ci-contre présente le symbole de la tournée (en haut a gauche) et le symbole des jeunesses Hitlériennes. Dans la partie inférieure de nombreux insignes SS. 
Chez les SS le S représentait un éclair redoublé. Les jeunesses hitlériennes étaient donc en quelque sorte des « demis » SS. Les SS faisaient partie des troupes d’élite de l’armée allemande. Manson veut sans doute exprimer ici un aspect guerrier et viril qui était omniprésent dans les rangs de l’armée allemande. Les critiques ont ainsi eu tendance à le considérer comme faisant parti de la mouvance néo-nazi. Manson l’a toujours démenti en mettant en avant ses origines juives. 
La forme des lettres est également attirante : chaque M est clairement un trident renversé. Symbole de la force de Poséidon dans l’Antiquité grecque, arme du Diable dans l’imaginaire médiéval. Quoi qu’il en soit il est certain que ce choix n’est pas anodin, Manson revendique clairement un esprit général de puissance.

Le logo de Marilyn Manson est donc des plus ambiguë : rapprochement avec l’image Hitlérienne, le contraste des couleurs, la typographie anguleuse annoncent un concept, un état d’esprit des plus virulent.
« Mechanicals Annimal »
....Un album bien.




 

Sorti en 1998 cet album de Marilyn Manson est devenu très vite une référence pour de nombreux fans. La couverture de cet album est intéressante à décrypter. En effet au premier abord on n’y voit que l’artiste vêtu d’un étrange costume. Mais les symboles et sous-entendus sont nombreux. 
 Le visage de l’artiste est la première chose qui saute au regard. Ce visage maquillé de blanc pâle comme l’intégralité du corps, ressort d’autant plus que les cheveux colorés de rouge et de noir l’encadrent le faisant encore plus ressortir. Les lèvres maquillées d’un rouge vif et agressif font échos aux cheveux. Le rouge est d’ailleurs la seule couleur vive que l’on peut voir sur cette pochette d’album. L’évocation du sang et de la violence est ici très claire. Ce même rouge se retrouve dans les pupilles : totalement déshumanisées elles expriment une haine que l’on pourrait qualifier de « démoniaque ». Les joues creuses, les traits marqués le personnage semble souffrir d’une maladie telle que la rage. L’idée de maladie se retrouve indubitablement dans la pâleur de la peau comme celle des souffrants.
 Le reste du corps est totalement dénudé. Le personnage est cependant asexué mais semble avoir des seins, attributs féminin par excellence. Nous avons donc à faire à un personnage androgyne. Le corps en lui-même semble maigre, presque décharné, les côtes transparaissent sur le flan gauche. Les bras, situés légèrement en retrait du corps évoquent les mouvements désarticulés d’un dément. La blancheur de craie du corps évoque une quelque créature du folklore païen : un fantôme ou autre créature surnaturelle. Le personnage n’a donc plus grand chose d’humain sinon les traits et la silhouette. 
 Le fond de l’album est gris, un gris désuni marqué de nuances de luminosité. Serait-ce un mur de béton ? Si c’est le cas on pourrait facilement imaginer qu’il s’agit là d’un mur de cellule de prison voire d’hôpital. Le personnage est donc enfermé en lieu clos soit pour l’empêcher de sortir soit pour le soigner.
 Le dernier élément de cette pochette d’album sont les inscriptions qui signalent le nom du cd ainsi que celui de l’artiste. Le nom de l’artiste se trouve au-dessus du nom de l’album celui-ci a donc plus d’importance que la création. La typographie choisie est droite, capitale. Il est intéressant de noter que le S de Manson est un 5 ainsi que le i de Marilyn est un 1. Ces chiffres insérés dans le nom peuvent s’expliquer assez simplement : l’intégralité de l’album parle de la déchéance humaine à travers la période d’évolution technologique et numérique que connaît la fin du XX éme siècle, en insérant des chiffres, l’artiste joue avec ces nouvelles normes que sont devenu les langages informatiques (constitués de chiffres et de lettres).
 Le nom de l’album est plus petit et inscrit par une autre typographie : plus compacte, plus concentrée. Elle est complétée par une série de cinq cercles. Ceux-ci représentent les cinq albums précédents de l’artiste. « Mechanical Animals » est en effet le sixième. 
 Il faut également noter que ces informations écrites ne sont pas placées au hasard : transversales à l’axe vertical que pourrait être le corps. Exactement situées au deux tiers supérieur du personnage, au niveau de sa poitrine : la symbolique de la croix est ici présente. Marilyn Manson étant un personnage fortement contestataire de la religion Chrétienne reprend ici ce symbole de manières indirecte et détournée : le personnage qu’il incarne serait donc une sorte de messie de nouvelles croyances. Ces croyances étant celles évoquées dans les textes de l’album : celle de l’informatique et de nos sociétés numériques.

 Sur cette photo Marilyn Manson se crée donc une identité visuelle bien particulière. Il incarne un personnage qu’il nommera lui-même « Omega », celui-ci étant un personnage asexué et androgyne. Un simulacre d’humaine blafard aux cotés burlesques, violent, dément et décharné. C’est la vision qu’il a de l’humanité, une humanité

d’ « Animaux Mécaniques » dépourvue de sanités. L’esprit contestataire et critique de l’artiste est donc encore ici présent. La critique de la religion est encore ici, faisant partie intégrante du personnage. Marilyn Manson a donc bien construit une nouvelle image de sa personne à travers cette pochette d’album. Il est également important de préciser que l’identité auditive de cet album diffère vraiment des autres créations de l’artiste : une musique distordue, violente, agressive (aussi bien dans les paroles que dans les mélodies) et aux échos électroniques.

Les éléments de l’identité visuelle de la pochette se retrouvent donc également dans l’identité auditive.