Mezcla, ou l'art du "mélange" explosif



            Certains puristes pensent que le Metal doit rester ce qu’il est, fustigeant toutes formes de métissages, du type Folk-Metal, Electro-Metal et autres. C’est leur choix. Ils ne savent pas à côté de quoi ils passent.

            « Mélange » est le mot clé ici, et c’est cette philosophie que suit le groupe qui nous intéresse ici : Mezcla. Pour dissiper les interrogations de certains, oui, « Mezcla » est un mot espagnol, et devinez sa signification…je vous le donne en mille : « mélange ». Car on s’éloigne ici des vulgaires juxtapositions de genres (qui donnent, ne manquons pas de le préciser, de fortes belles choses), il est question de Death old school aux relents mélodiques mâtiné de…Flamenco. Si cette influence est on ne peut mieux diluée (on est loin de la fusion évidente de groupes comme Flametal) dans la tempête de décibels qui flatte nos cages à miel (comprenez toujours « oreilles »), une écoute attentive révèlera quelques éléments qui ne trompent pas. Le chant, une rythmique de guitare par ici, une construction de morceau par là, une progression d’accord à un autre endroit, etc. sont des éléments qui font sortir la musique de Mezcla des cadres du Death « traditionnel ».

 

Si vous cherchez les savants fous qui ont osé cette monstrueuse expérience, parlons-en ! Aux origines de l’histoire est le guitariste et chanteur Alexis Munoz qui associa le flamenco qu’il avait l’habitude d’écouter (ou plutôt d’entendre !) dans la maison familiale à sa passion : le Death Metal. Après un premier projet, Dicial, il fonde Mezcla avec Geoffrey Garraut en 2002. La première mouture du groupe a pour principale vocation de reprendre des morceaux aux styles déjà bien cernés : Loudblast, Pantera, Kreator, etc. Après quelques déboires dans le recrutement des musiciens, la formation se pare d’un batteur, Kevin et d’un bassiste, Eymeric, qui devient l’ « homme à tout faire » du groupe : comprenez qu’il se charge de l’enregistrement, du site internet, de la cuisine, de repriser les chaussettes, etc. bref, tout ce qu’on peut attendre d’un homme à tout faire !


Après un premier show convaincant en juin 2004 à Auxerre, Mezcla enregistre sa demo : Hermanos de Sangre à l’automne 2006, mais doit également faire face à la défection de son batteur peu avant. Après quelques concerts flanqués d’un membre live, les Mezcla se parent en 2008 d’un nouveau batteur tout fraîchement sorti du conservatoire d’Auxerre (oui, bon, ça vaut ce que ça vaut, mais relativement peu de conservatoires proposent une formation exclusive au Death !) : Anthony Carino, dont la force de travail et le talent lui permettent de s’intégrer rapidement dans la formation et de griffer les compositions du groupe de sa patte. C’est donc un Mezcla au complet qui part sur les routes de France et de Navarre en ce début 2009, nul doute qu’au vu du succès qu’ils rencontrent, vous entendiez parler d’eux rapidement. En attendant : jetez vous sur leur démo !

 

Jetons un œil rapide sur cette galette : Hermanos de Sangre. L’artillerie lourde est sortie dès les premières notes avec le tonitruant Absurda Realidad : de l’efficace, avec un chant Death des plus agréables, et un côté mélodique, notamment du côté des solii qui rend ce titre très accessible. De par sa construction, et certaines progressions d’accords, il sort des carcans du metal plus traditionnel, mais il est encore trop tôt pour y distinguer partout des influences flamenco claires. Deuxième titre et deuxième claque : Siguirya por Metal, un instrumental qui met en lumière toute l’intensité de Mezcla. Les lignes de guitares rappellent clairement celles des guitares de l’Espagne, alors que de continuels coups de caisse (en passant, précisons que la batterie est une boîte à rythme, l’auriez-vous cru ?) claire marquent un rythme martial très classique qui donnent un résultat des plus probants ! Encourageant pour la suite.

Hermanos de Sangre, le titre éponyme de l’EP est marqué de cette même alchimie, mais cette fois flanquée de chant. Et il faut dire que la voix en espagnol contribue à faire régner une ambiance des plus originales. Ojos del Vicio, dernier titre, contribue à nous rappeler que si Mezcla est mélange, cela ne l’empêche pas de livrer un Metal des plus efficaces et, osons le mot sans la connotation péjorative, des plus classiques.

 

            Black Roots Metallistic vous encourage donc à vous ruer sur ce groupe qui monte qui monte, et qui vient de l’Yonne, département où, à première vue, le Metal a décidé de s’effacer devant la loi d’airain de l’insupportable musette. Mezcla contribue à nous rassurer et à rapprocher ces maudits accordéonistes chaque jour un peu plus de la mort (cette dernière phrase n’engage que moi…).


Line-Up :


Guitare, Chant : Alexis Munoz

Guitare Lead : Geoffroy Garraut

Basse: Eymeric Jacquet

Batterie : Anthony Carino


Site Internet

Myspace


A noter que Mezcla cherche des dates si cela vous intéresse...




Martin