Judas Priest, Megadeth, Testament - Zénith de Paris (21/03/09)

Par Jérôme (photos du Iron Maiden forum).


La joie de la première (véritable) journée de printemps est cette année décuplée par un concert événement : Le retour de Judas Priest en France, le dernier concert des "Metal gods" dans l'hexagone avec Rob Halford remonte à 1991 (pour la tournée de l'album "Painkiller"). Les Anglais sont pour l'occasion accompagnés par deux groupes cultes et thrash, Testament et Megadeth, une affiche bien alléchante, une soirée pleine de promesses.


Après la galère des bouchons (Ah ! Paris...), je retrouve quelques connaissances à côté du parc de la Villette, l'occasion de vider quelques pintes dans le bar du coin, et de rencontrer d'autres personnes bien sympathiques. D'ailleurs, en parlant de ça, le public metal semble s'être déplacé en masse pour ce concert : Parc, rues, allées, et bars sont rapidement envahis par une horde de metalleux. On retrouve au coin d'une rue quelques 13-14 ans au look fashion metal accompagnés des célèbres "gotho-poufs" : "Hey les mecs ! Le concert de Nightwish c'est dans 4 jours" (Je suis méchant, j'aime bien Nightwish en plus...)


Nous nous rapprochons doucement du zénith, l'ouverture des portes est prévue à 19 h, première surprise...Il est 18h45 et les murs du Zénith tremblent déjà, apparemment le concert a commencé plus tôt à cause des fameuses restrictions parisiennes à deux balles. Bref, niveau organisation, ça chie dans la colle. On prend la file, ce soir c'est concert en fosse, on ne fait pas les choses à moitié. Juste devant les grilles un de mes potes se rend compte qu'il a oublié son entrée dans la voiture (les ravages de l'alcool ?). Solidaires (soutient mental exclusivement), nous entrons dans la salle en le laissant dans sa merde (il arrivera pour Megadeth).


C'est ma première au Zénith (à côté de ça je connais Bercy comme chez moi), première impression, une belle salle...Taille plus humaine, même au fond de la fosse la scène est carrement proche, de quoi passer un bon concert. Comme je le disais, Testament a déjà entamé son show depuis quelques minutes à notre entrée. Le public commence à garnir les gradins, en fosse, il est encore aisé de se faufiler tranquillement aux premiers rangs.

Testament :

 

Groupe que je connais (trop) peu, à la première écoute, du bon thrash bien violent proche de Slayer. Les gars on la pêche, Chuck Billy (chant) semble très concerné. Parfait frontman (un peu moins parfait vocalement), il parvient à faire bouger les premiers rangs, un bon échauffement pour les headbangers. Visiblement, la plupart des spectateurs connaissent Testament de nom, et seulement de nom. Sans surprise, peu de participation sur les refrains, mais une bonne ambiance générale, toujours encourageant pour une première partie. Les Américiains s'en sortent avec les honneurs, les titres sont efficaces (en particulier DNR) , et les musiciens s'éclatent franchement.


Paul Bostaph (batterie) et Greg Christian (basse) forment une section rythmique talentueuse, certainement le point fort de Testament. Les guitares sont en revanche inaudibles, surtout pendant les solos, difficile de juger correctement. Un son trop fort et brouillon qui gâche malheureusement une bonne prestation de Testament (p***** même ma grand mère pourrait être "ingé" à ce niveau), on espère le son meilleur pour Megadeth.


Entracte d'une vingtaine de minutes, personne ne reste agrippé à sa place, direction buvettes pour tout le monde. On notera une bière moins chère qu'à Bercy (heureusement d'ailleurs). Autour du comptoir, Megadeth en prend pour son grade : "Dernière prestation affreuse à l'Elysée Montmartre" pour certains, "Mustaine chante comme un canard" pour d'autres...Bref, à cette heure, je n'ai plus qu'à espérer que mon premier show de Megadeth soit meilleur que les diverses impressions..


 

 

 Megadeth :


Décors de scène impressionnants..Non, je déconne, juste un drap noir avec marqué "MEGADETH" dessus, au moins, on sait que c'est bien eux. Apparemment un certain nombre de fans sont présents, les premiers rangs sont rapidement bloqués et le public est impatient. Le Zénith et copieusement garni à l'entrée du groupe, accueil chaleureux, Sleepwalker (du dernier album en date) ouvre les hostilités. Première remarque, son meilleur que pour Testament malgré la voix de Mustaine assez en retrait (ce qui ne me déplaît pas...). Premier titre anecdotique, le show débute réellement avec Wake up Dead, morceau d'ouverture de l'excellent album Peace Sells...But Who's Buying ?

 

Avec un son encore amélioré, le pied est total, le groupe est carré, classe, Mustaine Headbangue et semble être heureux de jouer devant un public très réceptif. On dit souvent Megadeth froid et scéniquement peu captivant, ce soir c'est tout autre chose, le groupe occupe parfaitement la scène, les gars sont souriants...Take No Prisonners du célèbre Rust in Peace fait fureur, ça pogote, ça slam, ça chante...Une grosse ambiance encore relevée par les premières notes de A tout le monde, refrain évidemment repris en coeur par un Zénith en ébullition, puis triomphe pour les musiciens à la fin du morceau...Il se passe décidément quelques chose, le groupe enchaîne avec Skin O' My Teeth etShe-Wolf, maîtrise instrumentale totale, prestation électrique, solos véloces..

On regrettera malheureusement (encore et toujours) le célèbre Marty Friedman qui a évolué dans Megadeth durant les années 90, guitariste unique au feeling rare et à la personnalité plus marquante que Chris Broderick (sans lui faire offense). Difficile de faire oublier un des meilleurs gratteux de la scène metal malgré une prestation solide.

Le point fort du set, Symphony Of Destruction, classique du groupe ultra efficace et son riff repris en coeur par le public avec les fameux ME-GA-DETH en rythme.

Un très grand moment, tout comme Hangar 18, une deuxième baffe dans la foulée, le public est aux anges. Dave Mustaine et Chris Broderick s'éclatent avec un enchaînement de solis ravageurs, ils se déplacent sur les côtés de la scène puis se retrouvent face à face pour un duo harmonique.Sweating Bullets, plus rare en live, est bien interprété mais il semble que le public (et moi même) accroche plus difficilement. Heureusement, Megadeth rebondit avec Peace Sells, morceau d'anthologie, la foule chante comme jamais, Mustaine (aussi appelé La Rouquine) vient au devant de la scène et affiche un large sourire (fait assez rare finalement). Rappel du public, le groupe revient avec Holy Wars, un des meilleurs morceaux de l'histoire du Thrash, 7 minutes de bonheur total (hormis le break acoustique foiré comme il faut, ce qui fera froncer pas mal de sourcils).

 

Le Zénith est debout pour saluer une dernière fois Megadeth, réconciliation totale avec les fans déçus par les dernières prestations du groupe à Paris. J'espère rapidement revoir la formation à ce niveau, un excellent moment qu'on aurait aimé plus long. Pour ne pas reparler de Marty Friedman, on notera tout de même un manque de charisme évident des membres du groupe, surtout en comparaison avec d'autres légendes du genre. Note personnelle inutile : Ils ont de très beaux cheveux, ça doit être un critère de sélection, même bon musicien je n'aurai eu aucune chance...

 

Conclusion :

 

Je verrai bien Megadeth rejouer au Zénith mais en tête d'affiche, il y a capacité de le faire, avec de bonnes premières parties.



(Dave Mustaine, ceinture noir de Karaté et de Tae Kwon Do...Dites lui pas que je l'appelle "La Rouquine").



Judas Priest :


Passage obligé aux toilettes (10 minutes d'attente, beaucoup d'amateurs de bière apparemment), puis l'on reprend des munitions au bar histoire de se caler tranquillement devant la scène. War Pigsde Black Sabbath (est-ce utile de le préciser ?) passe en fond sonore pendant l'installation du matériel. Les lumières s'éteignent, les fans de Judas Priest semblent tendus, apparemment on fait vent de quelques prestations moyennes sur cette tournée. En fait, les inquiétudes tournent surtout autour du niveau vocal de Rob Halford, bien qu'excellent sur le dernier album Nostradamus, il aurait beaucoup de mal a reprendre les chef-d'oeuvres du répertoire passé (notamment Painkiller et Sinner).

 

Premiers constats à l'entame du show, scène assez imposante, sobre mais efficace, lights agréables qui balayent la foule, pochette deNostradamus en fond de scène. L'introduction Dawn of Creation ouvre logiquement le bal, le groupe fait son entrée sur Prophecy, excellent morceau du dernier album. Rob Halford apparaît sur une plate- forme montante, pour les "anciens" qui n'ont pas revu le célèbre chanteur depuis 1991, c'est plutôt le choc. Habillé d'un long manteau à capuche argenté (plutôt kitch) le père halfordest courbé sur un sceptre à l'effigie du logo du groupe, il semble déjà épuisé mais assure vocalement. La prestation du Priest sur ce premier morceau est très bonne malgré un son plutôt moyen, Prophecy est taillé live, le public n'est pas déchaîné mais plutôt du genre attentif ...

Le show se poursuit avec Metal Gods, coup de folie pour les fans, ce morceau est un grand classique du groupe. Sorti en 1980, Metal Gods est issu du célèbre album British Steel, le sommet commercial de Judas Priest précurseur d'un metal plus lourd, laissant de côté le style bluesy des Black Sabbath, Deep Purple et Led Zeppelin. Rythme lourd, mi-tempo. 39 ans après, le titre est toujours aussi efficace, Halford fait le robot sur scène et s'en sort plutôt bien vocalement. Dommage cependant que les guitares soient toujours aussi sous-mixées, le célèbre duo Downing/Tipton occupe bien la scène, les gratteux sont en forme ce soir.




Changement d'arrière plan, le logo du groupe apparaît derrière la batterie et Eat me Alive déboule. Les guitares sont toujours beaucoup trop en retrait, dommage pour un morceau aussi puissant. De l'album Defenders ofthe faith j'avoue avoir une préférence pour TheSentinel que j'aurai aimé voir remplacer ce Eat me Alive moyen. Malgré un bon jeu de scène (Rob Halfordsort les drapeaux à la Bruce Dickinson) je n'accroche pas tellement. Heureusement, Between The Hammer And The Anvil de l'excellent album Painkiller enchaîne avec brio .

Ce classique, bien pêchu, permet aussi de cerner les limites vocales de "Robby". Le chanteur n'arrive (logiquement) plus à atteindre les aigus aussi facilement que par le passé, il est donc réhaussé par une multitudes d'effets (échos, prolongements sonores...). Le public reprend en coeur le refrain, un excellent moment, une bonne prestation, que dire de plus. Passons au Rock'n' roll de Devil's Child qui fait bouger les premiers rangs, là encore ça sature et c'est très bon, rien d'autre à signaler.  

Rob Halford chauffe le public durant un léger temps mort, "Breaking the What ??", cris enragés du public, Breaking the law (que l'on ne présente plus) est bien entendu chanté en intégralité (riffs compris) par un public à 200%. A l'instar de Run To the Hills de Maiden, difficile de se passer d'un tel classique sur une tournée surtout à la vue d'un Zénith totalement déchaîné. Hell Patrol, un des morceaux "speed" de Judas Priest, permet aux pogoteurs de s'adonner à leur activité favorite.

Speech de Halford sur le dernier album Nostradamus, puis nouvel extrait de celui avec Death. Mise en scène théatrale, le chanteur arrive sur un fauteuil (orné de cranes HAHAHA !) et enchaîne les couplets à la perferction, il est visiblement et logiquement plus à l'aise sur les derniers morceaux. Dommage que le son gâche la prestation d'ensemble (et notamment le break instrumental) mais l'ambiance sombre du morceau englobe la salle, ce qui donne un moment intense.

On reste dans l'immense avec Dissident Agressor de Sin After Sin (1977), décidément plus efficace en live qu'en album, on remarquera au passage la présence du bassiste Ian Hill pourtant présent depuis le début du concert...(Il faut bien quelques critiques négatives). Place au ventre mou (très mou) du show, Angel, la ballade nian-niante de l'album Angel Of Retribution (2005). J'ai demandé une chaise durant le morceau (Vous en avez pas une pour Ian Hill aussi ?)...Passons.




L'intro de The Hellion retentit, la foule est en délire, le riff surpuissant de Electric Eye (culte de chez culte) réveil les tribunes du sommeil Angel. Comment faire oublier le ventre mou en quelques minutes de délire total, le Zénith tremble, tout simplement...

Et ce n'est pas fini, on passe visiblement à la dernière partie du concert avec une set-list qui devient apocalyptique et Rock-hard, Ride Free, le phénoménal tube de l'album Defenders ofthe Faith. Ce morceau est déjà exceptionnel en studio, mais il prend encore une autre dimension en live (si si c'est possible). On se régale avec les superbes solos fidèlement repris par Downing/Tipton, décidément en grande forme. Nouveau speech de Halford, le chanteur s'embrouille dans les noms d'albums (Alzheimer...) et parle de l'album "Grand classique du metal" Sin After Sin (modestie, quand tu nous tiens...).

C'est évidemmentSinner, le "hit" de cet album, qui s'en suit. Le refrain est repris par le public qui arrive même à couvrir la voix de "Robby"...Pas plus mal sur ce morceau (sans être méchant, il n'y arrive plus dans les aigus). Un grand moment.


Maintenant je prend quelques lignes pour parler de Scott Travis (le batteur) absolument excellent, comme toujours. Avec sa frappe puissante il martelle ses fûts avec une précision légendaire, faisant régulièrement tournoyer ses baguettes. Il est aidé par un son en sa faveur, batterie bien (trop) mise en avant, mais énorme sur l'intro célébrissime de Painkiller, qui va conclure le show avant les rappels.


Inutile de préciser (mais je le fais quand même) que la foule est déchaînée, une puissance monumentale, avec un Rob Halford qui malheureusement ne s'en sort pas mieux que prévu. Mais dans l'ensemble, faute à un son abominable, on en reste à la puissance. La prédominance des basses transforme Painkiller en une bouillie sonore (presque) immonde...En gros, on comprend rien.


Incroyable de foirer un tel titre, surtout à cause d'un réglage de basse (en grande partie) ...Enfin, passons rapidement avant que je m'énèrve, c'est pas bon pour le coeur.




Longue attente, puis retour du groupe sur scène. A en observer les visages, le vieux général Halford (qui arrive en moto, si c'est pas Kitch !) et ses troupes sont heureux. Le Zénith jubile, une belle image. Hell Bent For Leather, chanson fédératrice qui rend le public fou, charge la première partie des rappels. Judas Priestse lance ensuite dans une reprise du groupe Fletwood Mac, le morceau The Great Manalishi (With The Two Pronged Crown), et un son une nouvelle fois loin d'être à la hauteur de la prestation.

Rob s'amuse avec les spectateurs grâce au classique petit cours de chant, puis vient You've Got Another Thing Coming de l'album Screaming For Vengeance (1982). Excellent mi-tempo qui bénéficie d'un refrain taillé live, le public adore, le solo est également excellent mais malheureusement derrière un mur de son groovy. Alors que la foule quitte la salle pensant le show terminé, Rob réapparait sur scène avec un drapeau Français.

Du bonus donc, le groupe prend plaisir ce soir et n'a visiblement pas envie de rentrer à l'hôtel, au bonheur général. Le tube Hard Rock Living After Midnight(qui fait penser à du AC/DC) conclut définitivement la soirée, le public reprend en coeur couplets et refrain et Judas Priest fait durer le paisir en allongant au maximun le morceau. Aurevoir (adieu ? on espère pas), le groupe s'avance et salut la foule (les baguettes et médiators sont jetés, classique...), les lumières du Zénith sont rallumées.




Pour conclure : Une soirée mémorable. Pour moi, Megadeth était légèrement au dessus du Priest en prenant compte de la prestation et du son. Mais comme vous pouvez l'imaginer, voir Judas Priest sur scène, en France, est unique. Le charisme naturel des Halford/Downing/Tipton est assez énorme, on sent véritablement que ces mecs ont 40 ans de carrière. Il y a cette aura indescriptible que l'on ne retrouve pas chez Megadeth et Testament et qui fait que Judas Priest restera à jamais parmis les plus grands de l'histoire de la musique Hard rock/metal.

Pour finir sur une note moins positive, et comme tout le monde semble l'avoir remarqué, Rob Halford fait vraiment maladif, il semble souffrir (physiquement), peine à se relever ou à rester debout. J'espère que cet état de santé permettra malgré tout à Judas Priest de continuer les tournées
encore quelques années.

 

Line-Up :


Testament :


Chuck Billy (chant)

Eric Peterson (Guitare)

Alex Skolnick (Guitare)

Greg Christian (Basse)

Paul Bostaph (Batterie)


Megadeth :


Dave Mustaine (Chant, Guitare)

Chris Broderick (Guitare)

James Lomenzo (Basse)

Shawn Drover (Batterie)


Judas Priest :


Rob Halford (Chant)

KK Downing (Guitare)

Glenn Tipton (Guitare)

Ian Hill (Basse)

Scott Travis (Batterie)


Set-list :


Testament :


 1- Over the Wall
2- The New Order
3- Electric Crown
4- Souls of Black
5- More than meets the Eye
6- D.N.R.
7- 3 Days in Darkness
8- Practice what you Preach


Megadeth :


1- Sleepwalker
2- Wake up Dead
3- Take No Prisonners
4- A Tout Le Monde
5- Skin O' My Teeth
6- She-Wolf
7- Symphony Of Destuction
8- In My Darkest Hour
9- Hangar 18
10- Sweating Bullets
11- Peace Sells
Rappel
12- Holy Wars

 


Judas Priest :


1- Intro - Dawn of Creation
2- Prophecy
3-Metal Gods
4- Eat Me Alive
5- Between the Hammer and the Anvil
6- Devil's Child Breaking the Law
7- Hell Patrol
8- Death
9- Dissident Aggressor
10- Angel
11- The Hellion / Electric Eye
12- Rock Hard, Ride Free
13- Sinner
14- Painkiller

~~~ Premier Rappel ~~~

15- Hell Bent for Leather
16- The Green Manalishi (With the Two-Pronged Crown)
17- You've Got Another Thing Coming

~~~ Second Rappel ~~~

18- Living After Midnight