Satyricon - The Age of Nero (2008)
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Pays: Norvège
Style: Black metal
Label: Roadrunner Records/Warner Music

On résume la situation :
La sortie d'un nouvel album de Satyricon est aujourd'hui un petit événement dans la sphère metal. Le chemin
parcouru par les Norvégiens laisse rêveur, même si les plus "true" des Black metallleux préfèrent parler d'un groupe "vendu".
Simple et direct, facile d'écoute, Satyricon plait logiquement à un large public car il est beaucoup moins
extrême en comparaison avec les "cadors" du genre que sont Mayhem, Immortal ou encore Emperor (uniquement des groupes Norvègiens, terre du Black metal).
Commercial ou non, Satyricon fut à ses débuts un vent de fraicheur balayant les clichés. Leur premier album
Dark Médiéval Times (1993, sorti chez Moonfog production, le propre label de la formation) proposera un mélange de musique médiévale et de BM traditionnel totalement unique et
novateur.
Satyr, le leader/créateur du groupe n'a alors que 17 ans, il compose la totalité des morceaux et enregistre à lui seul les lignes vocales, la guitare, la basse et les parties "folkloriques".
Frost le marteleur (et ami de Satyr) complète un line-up qui ne changera pas.
Ce premier album est logiquement acclamé, tout comme The Shadowthrone sorti en 1994 qui continuera
dans cette lignée à la fois moderne et médiévale (tout en étant mieux produit et plus professionnel, ça va sans dire).
Pour la parenthèse "prestige", c'est Samoth du groupe Emperor qui s'occupera des lignes de basse du skeud,
une preuve irréfutable de la montée en puissance de Satyricon.
C'est dans cet élan vers le succès que Satyricon surprend son monde et prend un risque en virant de
bord.
Nemesis Divina sort en 1996 chez Moonfog/Century media USA (ce qui permettra au groupe d'être enfin distribué correctement de l'autre côté de l'Atlantique). Cet album est donc assez nettement différent des deux premiers, exit le côté médiéval, le Black metal proposé pour cette cuvée et beaucoup plus "old school". On y retrouve cependant une fois encore une multitude de genres mélangés, donnant un album à la fois brutal et mélodique mais donc totalement hybride .
Satyr s'entoure au passage d'un nouvel invité de marque en la personne de
Nocturno Culto de Darkthrone, légendaire groupe de Black metal Norvégien.
On notera également que le titre Mother North deviendra un culte du BM, par son excellence, mais
aussi par le fait qu'un clip en sera tiré, ce qui est rare dans le style (à l'époque) puisque seul Immortal s'était lancé dans cette aventure.
1999, signature chez Nuclear Blast (le groupe se sépare déjà de Century media) et sortie de l'album Rebel
Extravaganza, une nouvelle fois différent du reste de la discographie, avec des passages "industriels". Ce nouvel opus est plus brutal et va chercher plus loin dans l'innovation, il marque
l'arrivée du groupe dans un genre plus actuel. Nous sommes désormais très loin des ambiances médiévales du premier album (par la musique comme par les thèmes abordés), Satyricon évolue, perd des
fans et en gagne d'autres mais continue son chemin, plus fort que jamais.
2002, signature chez Colombia records/ EMI Capitol, événement qui va diviser les fans, Satyricon est
maintenant chez ce que l'on appelle des "majors" du disque. Des sociétés puissantes, qui passent leur temps à analyser les chiffres de vente de leurs artistes plutôt que de se soucier de la
qualité des albums proposés.
Bref, Volcano, le 5 ème album du groupe arrive dans les bacs dans une marée de critiques, les "true"
Blackeux se sentent visiblement trahis par les événements. Il faut rappeler que Satyricon a participé à la deuxième vague de Black metal des années 90 et qu'il était jusqu'ici au même titre que
les "grands noms" Norvègiens déjà cités, porteur d'un drapeau, participant tout autant à soulever et à élaborer un genre jusqu'ici enfermé dans l'extremisme et l'underground.
Et pourtant ce nouvel "effort" voit Satyricon revenir dans un BM plus
conventionnel, orné tout de même de passages électros et modernes, et d'une production puissante. On lorgne aussi souvent avec des passages plus Rock, une nouvelle évolution, conséquence directe
de la signature chez EMI pour certains, simple évolution musicale pour d'autres. On y retrouve également des éléments Hard Rock et du riff plus Thrash, pour former un ensemble inattendu mais
moins "osé" que Rebel Extravaganza.
2006, nouveau changement de label pour le groupe, la collaboration avec EMI prend fin rapidement et la
signature chez Sony BMG/Roadrunner tracasse une nouvelle fois les fans.
Volcano a donc scindé la carrière du groupe en deux parties, celle du BM traditionnel (avec le maquillage et le kitch qui va avec) et une évolution moderne et grand public (et
un look plus soft).
Enorme tournée mondiale qui enchaîne avec la sortie de Now, Diabolical qui continue à innover, on à
faire ici à un genre de Black metal moderne (légèrement commercial) mélangé à du Thrash décapant qui selon les dires de Satyr "Permet au groupe de franchir un cap important, puisque nous sommes
parvenus à trouver une formule musicale qui nous correspond et que nous avons aussi effectué les meilleures tournées de notre carrière".
C'est donc une nouvelle fois le succès, un Satyricon qui est désomais d'avantage comparé à Cradle Of Filth et
Dimmu Borgir qu'à Immortal et Emperor (en terme de popularité et de public) et qui poursuit sa carrière avec brio grâce à des albums variés et de qualité en avouant (et c'est très bien ainsi) se
tourner vers un public plus large.
Si les Norvègiens sont diversifiés musicalement, il en est de même avec les maisons de disque. Nouveau
changement, Satyricon sera désormais distribué par Roadrunner Records (Warner music aux USA), label très puissant dans le milieu metal.
THE AGE OF NERO - 2008.

Nous y voilà, marquons le coup par une légère chronique, ce Age of Nero s'inscrit dans la lignée de
Now, Diabolical qui lui, en revanche, avait pris tout le monde à contre pied alors que les fans attendaient en masse une suite à Volcano (vous suivez?). On continue donc dans un
style unique, du Satyricon pur et dur, marqué par une production parfaite, un son puissant, clair et très "groovy".
Beaucoup plus simpliste que pendant la période expérimentale et complexe de Rebel Extravaganza, Age of
Nero offre un mur sonore efficace, direct, bien qu'il est nécessaire d'écouter l'album plusieurs fois pour identifier les refrains (pas forcement évidents). On se retrouve ainsi avec une
construction sur un riff principal très accrocheur et quelques passages plus progressifs (sur Die By My hand, c'est flagrant).
Changement de rythmes et structure épurée qui laisse place à très peu de détails (on y retrouve des nappes de
claviers qui donnent un côté atmosphérique glacial et inquiétant). Des compositions bien moins riches que Dimmu Borgir (par exemple) qui utilise un orchestre symhonique pour des morceaux de 9
minutes et des pages d'écritures à n'en pas finir. Satyricon fait dans le "prend toi ça dans la gueule" au détriment des arrangements complexes et minutieux de certains autres groupes, mais
néanmoins pas dénué d'ambiances.
Chacun son genre, mais il est plaisant d'entendre quelque chose qui demande moins d'attention de temps en
temps, moins lourd, mais tout aussi "imposant", la musique est ici dans sa "simplicité" trompeuse. Car au final, il est extrèmement difficile de faire simple et prenant sans en faire des tones
(comme pour donner son avis sur un album, sans en écrire des pages au risque de fatiguer le lecteur).
C'est sur ces bonnes paroles qu'il ne vous reste plus qu'à écouter la bête, tout en répétant qu'il sagit là
d'un Black metal moins extrême qu'habituellement et qui peut facilement toucher des personnes non-initiées.
Morceaux qui tues : Les trois premiers ( Commando, The Wolfpack, Black Crow on a Tombstone) dans la
lignée de Now, Diabolical fondés sur des riffs efficaces, facilement identifiables et faciles d'écoute.
Le reste se mérite un peu plus hormis l'excellent The Sign of the Trident et son riff puissant, les
deux derniers morceaux sont mi-tempo et plus influencés "Rock" avec une touche atmosphérique pas déplaisante.
The Age of Nero par Satyr (Interview Rock Hard numéro 82) :
"Nero est en fait un mot latin qui signifie "noir", et sur lequel je m'appuie pour évoquer le commencement de
la fin. Pour l'expliquer, je me suis effectivement basé sur l'Empire Romain, qui était l'un des plus puissants, mais que Néron ( Nero a donc deux significations différentes mais proches) a réussi
à faire tomber. On dit toujours que Rome a brulé sous ses yeux sans qu'il s'en rende compte, et nous vivons la même chose à l'heure actuelle. Les guerres, les conflits religieux, les tremblements
de terre, les ouragans ou encore la pollution détruisent le monde devant nous, pauvres mortels impuissants. Ainsi, tout nous pousse indéniablement vers le néant, ce qui nous fait vivre
quotidiennement le début de la fin."
Jérôme
A noter que le guitariste Français Gildas Le Pape a participé à cet album.
Line-up:
Satyr : (Chant, guitare)
Frost : (Batterie)
Gildas Le Pape: (Guitariste de sessions)
Victor Brandt: (Bassiste de sessions)
Une petite vidéo qui va bien :