Cradle of Filth - Godspeed on the Devil's Thunder (2008)
Cradle of Filth est une référence en matière de metal extrême...Je vois d'ici les "trues Blackeux" crier au blasphème.
Un bon moyen d'appuyer
une scène de l'ombre, de représenter un genre musical underground, qui doit cependant évoluer pour ne pas mourir (il ne faut pas l'oublier).
Il fallait également
rassurer musicalement, Nymphetamine,pourtant bon et innovant avait divisé les fans. Cradle a ensuite touché le fond avec Thornography, un album pourtant novateur, mélange des
influences de Dani Filth (Iron Maiden, Slayer, Judas Priest..) et d'un son plus Death metal (chant moins aigu)...Résultat malheureusement trop maladroit.
Cradle of Filth se devait donc de rassembler des fans déçus avec cette cuvée 2008, un groupe attendu au tournant...
Godspeed on the
devil's Thunder voit tout d'abord Cradle Of Filth renouer avec le concept album. Un style qui convient parfaitement à l'écriture de Dani Filth, à l'aise dans les textes historiques et
parfait dans le registre dramatique.
Il sagit ici de mettre en musique les références littéraires du chanteur, qui semble s'être replongé dans les écrits et biographies du chevalier Français Gilles De Reis, des influences déjà
présentent sur le célèbre album Cruetly and the Beast. Cette fois, on passe le cap de la simple référence, Godspeed on the devil's Thunder est entièrement consacré au
"serial Killer médiéval", comme l'a été Cruetly and the Beast pour Elisabeth Bathory (célèbre comtesse Hongroise meurtrière).
Dani
Filth : " Je pense que tout ce qui a trait à l'Histoire appartient à la connaissance universelle...Pour ma part, une fois que je me suis approprié les histoires respectives des
personnages, je les façonne à ma manière, je crée ma propre vision des choses.."
Il n'est donc pas
question pour le chanteur (hurleur) de mettre simplement en musique une biographie, il faut réécrire une histoire pour permettre à l'auditeur de suivre les rebondissements en
musique.
Dani
Filth : " Certains riffs ont été associés à des événements particuliers, de même que les différents chapitres de la vie de Gilles De Reis ont finalement guidé les arrangements et
forcés à imposer certaines rythmiques. Le personnage n'est pas dans le même état d'esprit tout au long de l'album, ce qui implique des rebondissements musicaux
constants".
Toujours d'après le
chanteur, Godspeed on the devil's Thunder est évidemment vendu comme "un retour à la grandeur passée de Cradle of Filth, qui devrait combler les fans de Cruetly and the
Beast".
Un joli discours, mais qu'en est-il réellement ?

Longue introduction symphonique qui pourrait facilement servir à un thème de jeu vidéo, ambiance médiévale histoire de faire plonger l'auditeur dans le monde de Gilles De Reis. Le groupe a visiblement soigné ses arrangements, une bonne mise en bouche.
Comme de nombreux
albums dans le style, un narrateur débarque durant l'intro, le récit commence. On notera que c'est l'acteur Britannique Doug Bradley qui s'y colle, à la manière de Christopher Lee avec
Rhapsody (on fire).
Shat out of Hell déboule dans des sonorités typiques du groupe, double pédale, trémolos en harmonie, voix criarde voir stridente de Dani Filth. Le retour aux "sources"
n'était pas calomnie.
Un morceau somme toute
assez classique, pas inoubliable, mais sympathique à écouter.
Les choses sérieuses
commencent avec The death of Love, le "tube" de l'album, presque mélopée, immédiatement identifiable. Cradle retrouve ici les sommets mélodiques et les structures complexes,
contrairement à un Thornographie "couplet/refrain", Godspeed on the devil's Thunder semble partir dans toutes les directions.
Arrangements
symphoniques subtiles, voix féminines sensuelles, guitares leads "à la Iron Maiden", lignes vocales divines et moins "hurlées"...Un très beau morceau.
The 13th Caesarreste dans cette lignée, avec ses choeurs magnifiques,
Cradle est visiblement inspiré et en grande forme
Un moment agréable,
Tiffauges, le groupe varie les plaisirs. Interlude instrumentale profonde et classieuse qui ouvre une série de titres accrocheurs et rapides dans la veine des albums Midian et
Cruetly and the Beast.
Les guitares font merveilles, une série de très bons riffs, des solos aiguisés et agréables (même si on est
encore loin de l'inoubliable solo de Amore E Morte sur Midian), Dani Filth n'avait pas menti.
Ce qui frappe également : Une production absolument parfaite, un son clair et incisif, qui
laisse place aux nombreux détails et choeurs, autant de garnitures riches et chatoyantes .
Andy Sneap (le producteur) a fait du bon boulot.
L'ambiance musicale est soignée, assez sombre, elle colle parfaitement au personnage de "Barbe Bleue" Gilles De Reis. Une bonne inspiration qui permet de ressentir les nombreux rebondissements de l'histoire.
Pour l'anecdote, on trouve la fille de Dani Filth sur l'excellent Darkness Incarnate, une bien bonne idée, avec une introduction magistrale (on s'imagine une petite fille la nuit, sur une route en forêt, elle arrête votre voiture, le regard possédé...Sa voix est inquiétante, on distingue mal ses mots...Si si, ça peut faire peur).
Alors au final, du très bon Cradle, la mission semble être accomplie. Un album réfléchi aux arrangements multiples et parfaitement mis en place, une belle maîtrise.
Jérôme
Détails :
- Dani Filth - Chant
- Paul Allender - Guitare 1
- Charles Hedger - Guitare 2
- Dave Pybus - Basse
- Martin Skaroupka - Batterie
- Rosie Smith - Clavier
-
Sarah Jezebel Deva - Chant/Chœurs
Pistes : -
- In Grandeur And Frankincense Devilment Stirs
- Shat Out Of Hell
- The Death Of Love
- The 13th Caesar
- Tiffauges
- Tragic Kingdom
- Sweetest Maleficia
- Honey And Sulphur
- Midnight Shadows Crawl To Darken Counsel With Life
- Darkness Incarnate
- Ten Leagues Beneath Contempt
- Godspeed On The Devil's Thunder
- Corpseflower