Interview de Sascha Konietzko de KMFDM au Hellfest
Samplers bidouillés, beats électro couplés aux grosses guitares et à une batterie déchaînée, le tout saupoudré d'une bonne dose d'ambiance post-apocalyptique urbaine. Vous entrez dans le monde joyeux, gai et virevoltant de KMFDM, "pointure" de l'underground, si on ose dire. Rencontre avec son leader, Sascha. Discussions sur le monde, la musique...Et le goût de la casquette de Lucas !
Black Roots Metallistic : Salut, c'est un grand plasir de te rencontrer !
Sascha Konietzko : Salut (à Lucas) C'est bon (en désignant sa casquette qu'il portait devant sa bouche) ?
Lucas : Délicieux !
BRM : On a vu que tu avais fondé un groupe qui s'appelait Missing Foundation, tu peux nous en parler ?
SK : C'était un projet unique destiné à un seul concert. C'était juste après le deuxième split de KMFDM tu sais c était juste un petit truc.
BRM : Le titre "Mini Mini" issu de l'album World War II est une reprise de Jacques Dutronc. C'est destiné aux fans français ?
SK : Oh, non. J'avais un jukebox, et mon petit frère et moi on avait enregistré le Top of The Pop de la BBC 1968. Ce titre était
dessus et c'était sa chanson préfère. La batterie est très doum doum doum dessus si tu vois ce que je veux dire...J'ai décidé de le mixer et après j ai écouté les paroles, le seul truc que j ai compris des critiques françaises, c'était : "c'est génial".
BRM : Pourquoi ne pas l'avoir joué tout à l'heure devant des français ? Tout le monde aurait été surpris !
SK : Tu sais on a vraiment beaucoup de titres et on ne jouait que 45 minutes. C'est un festival de metal pas tellement disco donc pas de "mini mini mini".
BRM : Est-ce que tu penses que c'est encore possible de changer le monde ?
SK : Hum...(prend une longue inspiration) Toi et moi. Toi et moi (il désigne les membres de BRM à tour de rôle) et peut être toi et moi (à l'intention de Lucas encore une fois) nous pouvons, c'est sûr. Mais le problème le plus important, c'est qu'il y a tellement de crétins. Tu as intérêt à être de plus en plus radical pour vraiment changer quelque chose. J'ai rencontré il y a quelques minutes des jeunes français qui m expliquaient que des groupes religieux protestaient contre le Hellfest. Putain on est au XXI ème siècle en Europe, même pas aux Etats-Unis. Fuck This People.
BRM : Tu parles du festival, t'as pensé quoi de ce concert que vous venez de donner ?
SK : C'était cool, un putain de son , j'ai vraiment beaucoup aimé !
BRM : C'est amusant parce que visiblement pas grand monde ne connaissait KMFDM, mais qu'au fur et à mesure
du concert les gens ont de plus en plus apprécié... Est ce que tu pense que l'électro-indus soit le meilleur moyen de transmettre ce que vous avez a dire ?
SK : Je ne pense pas que ca soit le cas. Ok on a un message, mais on fait de l'électro-indus parce qu on adore ça.
Je ne suis pas un missionnaire, je ne suis pas en croisade. Par contre si ce que l'on fait avec KMFDM peut aider une personne, C est bien. Si ça en concerne dix c'est mieux. si ca touche 100 personnes c'est 100 fois mieux. Petit a petit les choses doivent se faire.
BRM : On voudrait savoir en tant que groupe allemand ce que tu penses de Rammstein ?
SK : (en français) Les zallemands ils zarrivent ! J'aime bien Rammstein, on a fait des reprises d'eux, mais tu sais
KMFDM vient de partout on s'en fout un peu de la nationalité. On a même eu un chanteur indonésien. Ce n'est pas une question d'être français, anglais, ou autre chose. Le seul message de KMFDM c est pense par toi même ne crois pas les mass medias. C'est un message très court mais très important. Les gens, surtout les jeunes sont très influençables.
Tu sais on va écouter Madonna parce que tout le monde écoute Madonna, non pas que madona ne soit pas bien.
Le mainstream a tellement de pouvoir sur les gens. Tu sais l important c'est de penser en dehors du moule. Quand tu rencontre une fille c est un peu "qu'est ce que tu aimes que je puisse te séduire ?". Ce n'est pas une question de drogue ou de coucher avant le mariage c'est avant tout découvrir ce que tu aime et fais le, tout un tas de gens se posent des problèmes partout où il n'y en a pas.
BRM : Tu penses donc que KMFDM est un groupe avant tout underground ?
SK : Oui tout à fait. On n'est pas si grand ou si connu. KMFDM doit rester dans cette ligne sinon
cela n'aurait plus aucun sens.
BRM : Au fait un pote nous a demandé le numéro de la nana magnifique qui était sur scène et chantait avec toi...
SK : Lucia, bien sur je peux te l'écrire, mais c'est ma femme.
BRM : Tu as sans doute entendu cette question 15 000 fois mais qu est ce que signifie KMFDM, "Kein Meinung fur die Madchen" (Pas d'opinion pour la jeune fille) ?
SK : Oh non, je ne pense qu'il y ait 2000 significations. Mais ma préférée reste "Pas de Pitié pour la majorité".
J'aime bien aussi "Les chaînes rendent les chiens amicaux" ou encore "le Lait de Vache pour les mains froides de l'homme".
BRM : Comment as-tu rencontré Aidan Hughes, le mec qui fait tout le design de KMFDM ?
SK : C'était en 1970. A l'époque je voulais sortir un album en Angleterre et cherchais un label a Liverpool. Je lui ai dit que je voulais un artwork particulier, on s'est posé autour d'une bière. Il m'a dit t'es cool, t'es allemand. Je l'ai rappelé à chaque nouvel album.
BRM : C'est quoi le futur pour KMFDM ?
SK : En mars sans doute un nouvel album d'ici là des concerts en Asie, Austalie et aux Etats-Unis.
BRM : Tu viens d'Hambourg, tu penses quoi de l'évolution de la scène Underground Berlinoise ?
SK : Tu sais j'y suis allé souvent quand j'étais plus jeune mais je n'aime plus trop. C'est trop grand
c'est le centre du pouvoir allemand. Hambourg c'est déjà beaucoup plus mon truc, c est petit et
très fort.
BRM : C'est quoi ta couleur préférée ?
SK :Oh, le camouflage.