Compte-rendu Motocultor 2012

Publié le par L'équipe de Black Roots Metallistic

Motocultor 17/18 et 19 août 2012, 45 groupes à Theix.

 

La genèse du Motocultor :

 

Le groupe Motocultor est fondé en 2006 par une bande de pote et devient rapidement un des piliers du genre en Bretagne, grâce à un Metal humoristique/parodique dans la veine d'Ultra Vomit dont les Metalleux Français sont particulièrement friands. Le concept est simple, faire des versions Metal de tubes disco comme In The Navy des Village People et de quelques génériques de dessins animés célèbres dont les mélodies et paroles ont marqué plusieurs générations (Denver le Dernier Dinosaure et Tortue Ninja). Yann Le Baraillec, le bassiste de ce nouveau groupe, organise de nombreux concerts dès la première année d'activité de la formation, de quoi brasser large dans le milieu Metal de la région. Son désir d'organiser un festival de musiques extrêmes fusionne avec son projet de groupe et devient réalité, notamment grâce à l'expérience emmagasiner dans l'organisation de simples concerts ainsi que celle développée en tant que responsable de la gestion des bénévoles au festival de St-Nolff. On notera également un petit coup de pouce du destin avec la victoire de Maël Nagot (alors chanteur de Motocultor) à la roue de la fortune : « En 2007, j'étais inscrit à la Roue de la Fortune. Et lors d'une soirée arrosée, on s'était dit qu'on monterait un festival si je gagnais. Et j'ai gagné ». Le coup de pouce issu de cette victoire s'élève à 1500 euros grâce auquel le Motocultor festival est crée rapidement, la même année, et devient l'unique occasion pour Yann Le Baraillec de faire une pierre deux coups en programmant son propre groupe en tête d'affiche d'un festival. L'événement se pérennise l'année suivante, toujours en salle des fêtes à Saint-Avé (canton de Vannes), le Motocultor Festival accueil Punish Yourself, Andréas et Nicolas et The Four Horsemen.

 

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L'événement franchit un premier palier en 2010 en passant sur 3 jours et en programmant 44 groupes sur deux scènes à Séné, toujours dans la région de Vannes. Pour bien faire, Yann Le Baraillec monte une nouvelle structure nommée « Vintage Musique », en plus du Motocultor Fest Prod, ce qui permet de travailler à deux salariés sur ce nouveau projet beaucoup plus important et ambitieux. L'organisation fait également appel à une attaché de presse et tente de se professionnaliser à plusieurs niveaux, le régisseur général des Vieilles Charrues intègre également l'équipe et apporte sa propre expérience qui est plus que bienvenue. Le Motocultor passe également un niveau en termes de programmation et accueil pour la première fois de très grosses pointures. Entombed, Madball, Sodom, Korpiklaani et Destruction sont rapidement confirmés et rejoignent une liste déjà bien garnie et très nationale avec Loudblast, Ultra Vomit, Dagoba, Nightmare, Gorod, Punish Yourself ou encore The CNK...Et le grand privilège de retrouver Mononc'Serge & Anonymous, très célèbres au Québec mais très rares en France. L'affiche fait des émules, le public Metal Français découvre le Motocultor Festival, un événement qui semble sortir de nul part mais qui propose déjà du très lourd. Malheureusement et paradoxalement, la fréquentation est décevante si l'on se base sur une affiche aussi intéressante : 3500 entrées payantes dont une majorité de régionaux, un chiffre un peu léger, tout de même. L'organisation semble se satisfaire du chiffre, c'est en tout cas ce qu'elle laisse paraître même si l'objectif financier n'est pas atteint et que le déficit se creuse.

Hatebreed, Moonsorrow, Marduk, Melechesh, Tyr ou encore God Dethroned sont confirmés pour l'édition suivante (2011). On repart donc sur les mêmes bases avec une affiches de qualité, des groupes cultes mais pas de superstars, un festival convivial et à taille humaine. Changement de site, nouveau terrain à quelques kilomètres de Séné et fréquentation en hausse (5000 entrées) qui ne permet cependant pas, une nouvelle fois, de réaliser des bénéfices.

 

2012, année de la dernière chance.

 

Les observateurs qui suivent l'événement depuis un certain temps murmurent que cette édition 2012 pourrait bien être une dernière chance de pérenniser sérieusement le festival. Deux années de galères financières, c'est déjà beaucoup, le public doit répondre présent cette année sans quoi il serait dommage de voir le Motocultor Fest Prod jeter l'éponge. L'organisation met toutes les chances de son côté avec un investissement de 700 000 euros, un budget doublé et promet ainsi quelques têtes d'affiches tapent à l'oeil. Essentiel dans le milieu du Metal, le bouche à oreille va crescendo lui aussi, médias et webzines affichent le plus grand intérêt à l'événement. On voit même régulièrement des articles sur les affiches précédentes précisant que ce festival encore peu connu a tout de même accueillit des groupes comme Marduk, Moonsorrow, Entombed, Hatebreed ou encore Destruction. On retrouve également les déçus du Hellfest, ceux qui aimeraient retrouver un festival de taille humaine, avec un belle affiche, mais sans subir les grosses machines à fric comme Kiss ou les Gun's qui font gonfler le prix des pass et font venir de nombreux touristes qui sont parfois assez désagréables et ne permettent pas aux gens de s'amuser comme bon leur semble. (en particulier ceux qui campent devant la Main Stage toute la journée pour être aux grilles, qui gueulent à chaque fois qu'ils sont un peu bousculés et qui ne permettent tout simplement pas aux autres de voir les groupes d'après-midi dans de bonnes conditions).

Le Motocultor confirme assez rapidement la présence d'un quatuor de choc (Behemoth, Septic Flesh, Immortal et Dark Tranquillity) ce qui suscite l'intérêt du public Français, mais également et pour la première fois, à l'étranger. Il semblerait que les efforts financiers n'aient pas été vains puisque les premiers pass mis en vente se vendent en plus grand nombre et plus rapidement qu'en 2010. Un autre point important dans le domaine promotionnel est la présence d'un stand Motocultor Fest au Hellfest avec un potentiel de plusieurs dizaines de milliers de visiteurs. Et cela fonctionne, on remarque même avec surprise que certains spectateurs découvrent seulement le petit festival breton à cette occasion. Milieu juin, Yann Le Baraillec annonce à la presse que les pré-ventes ont déjà doublé par rapport à l'année dernière à la même époque et que l'édition 2012 sera un succès de fréquentation. L'objectif fixé par l'organisation (entre 8000 et 12 000 spectateurs) sera donc atteint et pour la première fois il se pourrait que l'entreprise ne soit pas en déficit.

 

Motocultor 2012, c'est parti, premières impressions.

 

Nous arrivons le jeudi en fin de journée après 9 heures de trajet, c'est donc toujours un bon moment dans ce cas de figure. Tas de fumier et bouses de vaches nous accueillent et confirment nos attentes, le Motocultor est un festival champêtre. On imagine presque un jeu de chamboule tout et une pêche au canard entre deux concerts. Surprise désagréable pour quelques membres de Black Roots Metallistic, Electric Wizard vient d'annuler sa participation. Jus Oborn est malade, rien à voir avec un problème lié à l'organisation donc, mais grosse déception des fans présents sur place, bien entendu. Autres petits soucis, de nombreux festivaliers semblent ne pas s'être renseignés sur le règlement intérieur du camping et affluent le cœur léger, pacs de bière en mains. Seulement, le site du Motocultor est un milieu naturel protégé en plus d'être un pâturage prêté par un agriculteur. Le verre est donc strictement interdit sur le camping, règlement qui agace un certain nombre de Metalleux et particulièrement ceux qui avaient prévu en abondance. Mais le contôle étant très léger, surtout pendant la nuit, cette interdiction sera rapidement bravée par une majorité de festivaliers, le verre fera son apparition sur le terrain de camping dès le jeudi soir.

 

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L'aménagement est agréable, juste à côté d'un petit bois, entre deux champs de maïs. Le parking est à quelques mètres du terrain de camping, ce qui change radicalement du Hellfest et du Graspop où il faut parfois marcher très longtemps, avec tout le nécessaire de survie sur le dos, les sacs, les tentes, les fringues etc....Sensation très agréables donc, surtout sous la canicule. Le seul petit détail un peu étrange c'est la disposition des barrières qui ne permettent pas d'entrer directement sur le camping à partir du parking, il faut contourner le terrain en suivant l'allée artificielle pour pouvoir entrer totalement de l'autre côté vers les toilettes et les douches. Un parcours totalement inutile et les barrières vont très vite tomber d'ailleurs...On notera également une bonne ambiance générale sur le camping malgré une bagarre qui éclate dans la nuit. Pour le détail, un homme s'est apparemment trompé de tente après la soirée bien...festive, ce qui n'a évidemment pas enchanté le propriétaire de la tente sus-ci nommée (hommage à Kammelott) qui a viré l'intrus à base de crochets, de directs et d'uppercut. Il y a des imbéciles partout, l'alcool n'aidant pas, je pense qu'il y avait d'autres moyens de régler cette affaire plus calmement. Présence de Yann Le Baraillec, de la gendarmerie et de la sécurité sur le camping dès le lendemain matin, le résultat de cet incident (l'homme a été conduit à l'hôpital) et le début des problèmes pour l'organisation. La stupidité ne mène à rien, et pire, elle rajoute du travail à l'organisation le jour même du début des festivités, au pire moment qui soit. D'un point de vue plus général, les festivaliers se sont bien amusés durant cette première soirée à Theix, bonne humeur, convivialité et discussions très musicales. Petite anecdote et hommage à ce mec qui s'est réveillé à midi en plein soleil, complétement nu entre deux tentes, loin de la sienne, les jambes bien écartées en plein air. Un beau spectacle pour les passants, une belle surprise pour les campeurs à proximité et une belle crise de rire quand ce personnage s'est éveillé (difficilement) en se croyant dans les bois (en fait il avait ses dreadlocks qui lui cachaient la vue) juste avant de vomir sur ses jambes et parties génitales. Tout un programme, on est bien à Theix, ne quittez pas !

 

La galère du vendredi...

 

Autant le dire tout de suite, ça n'aura échappé à personne, l'ouverture du festival est un chaos total dans lequel l'organisation aurait dû réagir autrement. Ouverture du site prévu à 12 h, entassement de festivaliers devant les portes d'entrée à partir de 11 h 30, en plein soleil, la fine pluie de la veille ayant laissé place à la canicule. 12 h 30...toujours rien, 13 h...rien, pas d'info, des bénévoles incapables de donner le moindre détails, se faisant un peu chahuter par les festivaliers qui commencent à trouver le temps long...les insolations se multiplient, et nous sommes encore à l'extérieur du site alors que Miseducation of Masses devrait commencer à jouer. Ce qui est le plus frustrant dans cette histoire, c'est le manque TOTAL de communication sur place. Personne ne sait qu'elle est la situation actuelle, on laisse les gens attendre plusieurs heures en plein soleil sans donner le moindre détail. Les Metalleux n'aiment pas passer pour du bétail et le font savoir, mais ce sont malheureusement ces pauvres bénévoles qui paient les pots cassés de cette belle débandade. Au bout d'un petit bout de temps un responsable vient tout de même passer une annonce rassurante « Le festival aura bien lieu », une blague qui fait peu rire, avant de conclure par « nous ouvrirons dans moins de 45 minutes », sans donner plus de détail. Super !

 

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Petit coup de gueule concernant le camping, peu de toilettes et très peu de douches, pas de lavabos comme prévu à l'origine, il faut traverser tout le camping pour faire son petit besoin et attendre parfois 30 minutes dans une file où les regards sont souvent grimaçants...Mieux vaut ne pas avoir une envie trop pressante. On comprend mieux pourquoi les champs et petits bois à proximité sont malheureusement pris d'assaut et deviennent rapidement un nid de déchets et de saloperies. Si l'on veut préserver un site naturel, il faut s'organiser à réduire les risques au maximum.

Nous avons finalement la chance d'accéder au site plus rapidement que la moyenne grâce à nos accès « presse », il est environ 15 h et on notera que les festivaliers s'entassent dans une imposante file d'attente au sein de laquelle il faudra encore rester plus d'une heure avant de recevoir (enfin) le précieux bracelet d'accès (moonn prrécieeuxx). On peut difficilement faire plus pénible, le week-end commence pas fort et la fatigue est déjà à son paroxysme, sans avoir vu un seul concert. Bien entendu, les premiers groupes sont annulés, Ataraxie que l'on avait tous envie de voir et Miseducation of Masses que l'on a tout de même pu interviewer un peu plus tard. Les membres du groupe étaient d'ailleurs très remontés après l'organisation, et pour cause, quelques minutes avant de monter sur scène ils se retrouvent nez à nez avec des techniciens qui démontent la batterie. « Non mais vous n'êtes pas au courant, vous ne jouez pas, vous êtes annulés... », c'est beau quand même, une bonne communication avec des explications claires et précises sur la situation.

La cause de se vaste bordel vient de l'association de secouristes qui devait intervenir au Motocultor et qui n'a pas pu tenir son engagement. L'organisation fut donc obligé de régler très rapidement ce problème dans un domaine essentiel à un événement rassemblant autant de spectateur. Comme dit dans le communiqué d'excuse : « Grâce à l’appui de la préfecture et de la mairie de Theix, les pompiers ont réussi à mettre en place un dispositif de secours qui nous ont finalement permis d'ouvrir le festival mais avec deux heures de retard malheureusement. »

 

Organisation générale :

 

Je n'en ai pas tout à fait fini avec les critiques, sans être méchant, l'organisation doit travailler très dur pour améliorer certains points essentiels. C'est également notre rôle (aux médias) professionnels ou amateurs de signaler les choses, même si ça peut paraître désagréable. Certains décident de ne pas se mouiller, mais je ne vois pas l'intérêt d'une telle manœuvre.

Ce qui marque dès l'entrée sur le site c'est l'absence totale de point d'ombre, de tables pour manger, d'abris en cas de pluie ou de tempête et le trop faible nombre de toilettes (sèches) installées. Il faut avouer que cela fait beaucoup, mais ce n'est pas fini. Le service bouffe est calamiteux, pas assez de monde pour servir, pour préparer, mais beaucoup de glandeurs (n'ayons pas peur du mot) juste bons à discuter du beau temps ou à draguer la petite blonde de service. L'attente est très longue (30 minutes) pour un simple sandwich alors que nous ne sommes même pas « aux heures de pointe » avec une petite dizaine de festivaliers seulement à la demande. Ces soucis apportent un lot de tensions, d'engueulades entre serveurs et demandeurs et même quelques désertions chez les bénévoles. On me raconte même qu'au moment des têtes d'affiches (Behemoth notamment) certains bénévoles ont, sans scrupule, laissé leurs collègues « dans le caca » pour ne rien rater du show des Polonais, et que les malheureux abandonnés ont même été dans l'incapacité de servir les festivaliers. Même chose pour le bar, en moins galère, et surtout sur le guichet d'échange monnaie/tickets restauration où il faut attendre parfois plus d'une heure, toujours en plein soleil.

 

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Un autre point qui devra absolument être pris en compte, l'absence total de point d'eau sur le site. Il est assez désagréable (sans faire nos petits bourgeois) de ne pas pouvoir se laver les mains après un passage aux toilettes. Quel joie de pouvoir prendre son casse-dalle de nos doigts noirs, assis par terre (pas de table) après avoir touché la poignée de porte des toilettes et la sciures pour recouvrir notre œuvre, le tout assaisonné de sueur et de poussière, éléments classiques d'une journée de festival.

La sécurité m'a parut plutôt sympathique dans l'ensemble, et je précise bien, dans l'ensemble. J'ai quand même vu quelques simples slameurs se faire plaquer au sol, se retrouver avec un point armé devant le visage et se faire reconduire assez vigoureusement aux grilles. Il n'est pas interdit de slamer il me semble, il serait pas mal que certains salariés du « groupe sentinelle » prennent se détail en compte. Après, si il est plus fort que leur raison de vouloir faire les durs, ou de cartonner à tout va, ils peuvent tenter leur chance dans la boxe. Au moins il ne feront pas passer un sale moment à des gens qui s'amusent simplement.

Le stand merchandising est classique avec un seul produit, le t-shirt du festival ainsi que la mise en vente de quelques pass 2013 à tarif réduit.

Pour les coulisses du festival, l'accueil des groupes, j'en ai entendu des vertes et des pas mures, comme on dit. Tout ceci n'étant pas été constaté personnellement, je ne m'étalerais pas sur le sujet.

On notera la présence de Stéphane Buriez (Loudblast), Frédéric Leclerc (Dragonforce) et Benjamin Barbaud (Hellfest), tous venus en simples festivaliers défendre le Motocultor festival comme il se doit.

 

Programmation et concerts :

 

Je tiens tout d'abord à remercier l'équipe du Motocultor festival pour la qualité de cette affiche 2012. C'est un véritable plaisir de retrouver une liste d'artistes aussi talentueux et extrême, sans oublier un seul style de Metal. Les annulations de The Exploited et de Deicide ont été parfaitement bien gérées et remplacés par du lourd, ce qui n'est parfois pas toujours le cas.

Globalement, la qualité du son reste un des points fort du festival, à quelques exceptions comme Immortal (trop fort et assez sale) ou Arkona et Dark Tranquillity (un peu brouillon).

 

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Les prestations.

 

Pour s'y retrouver facilement, je préfère donner un point jour par jour, avec un texte assez concis : Nous avons aimé, pourquoi, nous n'avons pas aimé, pourquoi.

Vendredi :

 

Cattle Decapitation **:

 

L'équipe de Black Roots Metallistic parvient à voir quelques minutes de la prestation de Cattle Decapitation, groupe culte dans le domaine du Deathgrind. Pas de quoi sauter au plafond (il y en avait pas, de toute façon), n'étant pas de grands fans du genre, nous retenons tout de même une prestation très « propre », techniquement parfaitement maitrisée et bénéficiant d'un son presque parfait. A noter que le groupe était initialement prévu en troisième position, mais ouvre finalement les hostilités après les galères et annulations. Amputé de la moitié de son temps de jeu initialement prévu et devant un public de quelques dizaines de spectateurs, ce passage en Bretagne ne restera pas un grand souvenir dans la carrière des San Diégois. On peut donc féliciter Cattle Decapitation d'avoir si bien maitrisé son sujet malgré les conditions difficiles.

 

Absurdity **:

 

Le groupe Strasbourgeois arrive sur l'affiche en mode « bouche trou », expression qui peut paraître péjorative, programmé au pied levé à la suite de l'annulation d'Electric Wizard. Nous n'avons pas bien compris le choix de l'organisation, celui d'appeler un nouveau groupe alors qu'Ataraxie ou Miseducation of Masses auraient pu faire le boulot. C'est en tout cas devant un parterre une nouvelle fois clairsemé qu'Absurdity fait son entrée. Le groupe est visiblement enthousiasmé par cette opportunité et nous assène son Deathcore en pleine face avec une énergie redoutable. Une nouvelle fois, pas ma tasse de thé, mais je dois avouer que la musique d'Absurdity passe parfaitement bien le cap du live. Un bon moment, une bonne présence scénique et une chute du bassiste qui s'est montré légèrement trop enthousiasme sur un mouvement.

 

Devil Sold His Soul *:

 

Pas un grand moment. Devil Sold His Soul propose du Metal progressif post-hardcore, tout un programme, mais qui ne parvient jamais à nous captiver et nous ne sommes visiblement pas les seuls (l'ambiance est froide). Un style presque prépubère dans l'esprit, quelques refrains pop fm chantés pas toujours très justes et des compositions pas franchement captivantes et bourrées de clichés. Une bonne maitrise technique, disons, pour faire plaisir aux fans (il doit y en avoir).

 

Incantation *:

 

Pas grand chose à dire sur ce show pour la simple et bonne raison qu'il ne s'est pas passé grand chose. Incantation propose du Brutal Death linéaire qui peine à trouver l'attention des quelques spectateurs présents devant la scène en plein cagnard. La qualité du son est franchement crade et rebute assez rapidement les plus téméraires. Ça blast, mais rien de plus. Dommage.

 

Stille Volk *** :

 

L'ovni du Motocultor 2012. Stille volk mélange les affluences occitanes et médiévales sans une seule touche de Metal. Aucun instrument saturé, une batterie qui marque le temps sans break ravageur et sans double pédale, un son léger et dansant. De la vielle à roue, du dulcimer et une guitare acoustique nous change radicalement du déluge de blast et de gros son qui vient d'être envoyé sans répit par Incantation. Stille Volk rencontre un succès impressionnant et clairement mérité. Le public est enjoué, on voit les premiers slam et une pluie...d'applaudissements. La danse de la Corne et Le roi des animaux sont même repris en cœur. Un très bon moment.

 

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Inquisition * :

 

Je suis pourtant fan de Black Metal mais la prestation d'Inquisition m'a totalement laissé de marbre. Tout juste bon à plagier Immortal dans l'aspect esthétique comme musical et franchement pas aidé par un son assez mauvais. Du true Black Metal qui ne laissera pas un grand souvenir et qui peine à être joué correctement. Le public s'est tout de même copieusement massé devant la Dave Mustage.

 

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Seth *** :

 

Du Black Metal Français, parmi cette impressionnante liste de groupes de l'hexagone très talentueux mais quasiment inconnus. Je me demande comment j'ai pu passer à côté de Seth durant tant d'année. Mieux vaut tard que jamais dit-on. Excellent show, très carré, techniquement irréprochable, d'une efficacité redoutable. Quelques très bons morceaux à écouter : Addicted to Psychotropic Angeldust, Acid Christ, A la mémoire de nos frères.

 

Eths ** :

 

Le nouveau groupe phare pour les ados en mal de sensations fortes. L'équipe de Black Roots Metallistic n'a pas été emballé outre mesure par la prestation des Marseillais, loin de là. Candice divise les observateurs, géniale ou surfaite, je miserai personnellement sur la deuxième proposition. Beaucoup trop de mimiques, de théâtralité, le show en devient presque prétentieux tellement la chanteuse cherche systématiquement la bonne pose, la belle photo. Aucune spontanéité, l'ensemble est bien trop surjoué. Musicalement parlant le groupe s'en tire plutôt bien, c'est très solide, le son est franchement bon tout en restant très puissant. Quelques passages plutôt intéressants, de bons riffs, notamment sur les morceaux issus de III, malheureusement toujours entre-coupés de passages plus insipides et ce chant clair désagréable faisant penser au pire du Nu-Metal 90'. Bof bof.

 

Corrosion of Conformity *** :

 

La bonne surprise de la journée, une des meilleures du week-end. Corrosion of Conformity est un groupe Stoner très groovy teinté de passages plus extrêmes. Les Américains jouent une musique extrêmement efficace mettant rapidement une ambiance de feu dans le public. Ça groove comme on aime, c'est limpide, très chaud, on sent que les gars sont heureux de jouer et le public rend parfaitement la pareille dans un déluge de slam, d'applaudissements et d'acclamations. Une des meilleures ambiances sur les 3 jours. Quelques mois seulement après la sortie de leur album éponyme encensé de toutes parts, Corrosion of Conformity marque encore quelques points.

 

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Immolation ** :

 

Nous attendions avec impatience cette légende du Death Metal traditionnel mais les New-yorkais ont quelque peu déçu. Un show bien trop statique, des morceaux trop similaires et l'ennuie s'installe rapidement. Rien de particulier ne ressort du lot, c'est pro, pas plus. On retiendra du blast, du blast et encore du blast. Immolation a peut-être fait plaisir aux fans, mais n'a pas donné envie aux autres de se pencher plus sur leur sujet. Dommage.

 

KMFDM ***:

 

C'est la deuxième fois que l'équipe de Black Roots Metallistic a le privilège de voir ce groupe culte en matière de Rock/Metal industriel. KMFDM fait parti de ces groupes que l'on apprécie en live, que l'on soit fan ou non du style musical. C'est une nouvelle fois le pied total, malgré un son aléatoire. Lucia Cifarelli et Sascha Konietzko bénéficient de ce charisme naturel, bien que travaillé, qui permet de captiver le public du début à la fin d'un concert. Une prestation énergique, sans faiblesses, avec une Lucia très sexy bougeant son corps de son style très caractéristique, unique. Le genre de groupe que je n'apprécie pas spécialement en album mais que j'attends toujours avec impatience en festival.

 

Arkona ***:

 

Le Pagan/Folk est un style qui est loin de faire l'unanimité, surtout chez les Coreux/Thrasheux venus en nombre à Theix. Force est de constater qu'Arkona jouit d'une des plus belle affluence de ce Motocultor 2012 qui prouve que le style compte de plus en plus d'adeptes. Le public est présent en nombre et l'ambiance est au rendez-vous. On retiendra la remarquable prestation de Masha « Sream » qui avec charisme et énergie enchaine avec brio le chant guttural et le chant folk traditionnel Russe, tout de peaux de bêtes vêtue. Un moment unique sous le signe du Metal « pouet pouet » aux sons d'instruments ethniques qu'il est bien de faire revivre au goût du jour.

 

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Trepalium ** :

 

La fatigue ne nous a certainement pas aidé à apprécier le show de Trepalium à juste niveau. Initialement prévu à 15 h 20, les Deux-Sévriens se sont retrouvés en tête d'affiche à la suite de l'annulation d'Electric Wizard et de nombreux chamboulements dans le running-order liés aux problèmes d'organisation. Une prestation en demi-teinte qui ne nous encourage pas à attendre quelques minutes supplémentaires avant de regagner le camping. Trepalium avec son mélange de gros riffs à la Pantera, de Death et d'affluence jazzy, reste tout de même parmi ce qui se fait de mieux à l'heure actuelle dans l'hexagone.

 

Un bon bilan pour cette première journée de festival, malgré les galères à l'ouverture, la programmation de qualité nous a offert du sacré spectacle.

 

Samedi :

 

Direwolves * :

 

Metalcore très traditionnel, pas ma tasse de thé et une prestation qui ne décolle jamais. Direwolves ne parvient pas à captiver le public malgré une bonne volonté visible. L'ensemble est encore un peu trop « jeune » comme un vin doit encore se travailler pour gagner en saveur et maturité. Reste qu'à force de voir des groupes de Metalcore sortir de partout, on se retrouve forcément lassés et confrontés à ce genre de problème.

 

Sublime Cadaveric Decomposition * :

 

La prestation est bonne mais le style rebute, d'un point de vue personnel. Le déluge de blast laisse parfois place à des rythmes plus lourds qui permettent d'aérer la musique de SCD. Mais dans l'ensemble ça mitraille beaucoup et on retient pas grande chose, même si je suis conscient que ce n'est pas forcement le but de la manœuvre. Les fans de gros Metal qui tâche sans concession sont aux anges.

 

Peter Pan SpeedRock *** :

 

Je ne sais si on peut aller jusqu'à décrire Peter Pan comme « ovni » au Motocultor festival, en tout cas la musique des Hollandais contraste radicalement avec le déluge de blast habituellement assené dans l'atmosphère de la campagne bretonne. Une partie de l'équipe de Black Roots Metallistic est surexcitée à l'idée de voir les stars du Speed Rock d'Eindhoven à l'œuvre, alors que personnellement je n'attends pas grand chose de ce concert n'étant pas fan du style. Et bien je dois avouer que PPSD m'en a bouché un coin, comme on dit, avec un show ultra énergique et beaucoup plus « Metal » et varié que je ne l'aurai imaginé. On retrouve un chant très agressif, parfois à la limite du guttural, des riffs très musclés et un son assez énorme, très groovy. On sort régulièrement de la simple sphère « Speed Rock » et cette prestation réjouit le public, le groupe lui-même semble assez surpris par l'accueil dont il bénéficie. Un très bon moment. Je vous invite d'ailleurs à écouter le morceau Crank Up The Everything qui est le petit frère version speed de Highway Star de Deep Purple.

 

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No Return *** :

 

Déjà vu à plusieurs reprises et notamment au Motocultor 2010, je décide d'en profiter pour aller m'allonger à l'ombre. La nuit a été difficile. Circle-pits et walls of death sont à l'honneur et le groupe, L.Chuck D en tête, parvient à captiver le public et à mettre une ambiance de folie. Les yeux fermés à faire la sieste permet de se concentrer sur l'interprétation musicale de No Return et d'en tirer une conclusion simple et direct. Du bon, du très bon !

 

Blockheads * :

 

Du Grindcore, du vrai, qui se transforme en vaste n'importe quoi à chaque concert. Il faudrait peut-être que je prenne le temps d'écouter en album...Quoique.

 

The Adolescents * :

 

Du Punk/ Rock/ Metal Californien en Bretagne. Loin des plages bordées de palmiers, des bimbos et des bobos surfeurs crâneurs, The Adolescents entre en scène sans complexe ! Ah, on si croirait presque, en faisant abstraction du charme et de la culture bretonne qui nous entoure. L'accueil réservé est plutôt froid, malgré les efforts de communication de Tony Cadena, la tendance restera la même. Avec un public plus réceptif, sans doute aurions nous mieux apprécié la prestation de The Adolescents.

 

-Changement de planning- Noctem initialement prévu juste après The Adolescents (le choc des cultures) jouera finalement plus tard. Pour la petite anecdote, les Black Metalleux Espagnols sont coincés dans les bouchons. Si c'est pas Rock'n'roll !

 

Crowbar *** :

 

Un des très bons concerts du weed-end. Crowbar est plus qu'un groupe de Sludge, il mélange un certain nombre d'influences (Hardcore, Thrash, Death, Doom, Stoner...) et c'est doute pour cette raison qu'il trouve toujours un accueil très chaleureux en festival. A la manière de Peter Pan SpeedRock ou de Corrosion of Conformity, le style est taillé live. Kirk Windstein avec son physique hors du commun reste un frontman d'exception, charismatique et talentueux. Le son est lourd tout en restant très limpide, un autre point fort du concert de Crowbar dont la petite heure passe à une allure impressionnante.

 

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Warmachine ** :

 

Du Motorhead qui dégouline de graisse. Le public s'éclate. Rien d'exceptionnel mais une prestation énergique qui laisse toujours un bon souvenir en festival.

 

Noctem *** :

Aaahhhhhh !! Excusez moi j'ai eu très peur. Noctem ça vaut le coup d'être vu au moins une fois rien que pour l'accoutrement des musiciens. Déguisements, lentilles, maquillages typiquement Black Metal, chanteur qui crache le sang... On pense alors que cet ensemble de clichés vus et revus vont amuser puis lasser le public rapidement, mais c'est tout le contraire que l'on constate. Les spectateurs sont impressionnés par la prestation d'ensemble, charismatique et l'interprétation sans faille. Même les pompiers qui surveillent le site s'arrêtent un bon bout de temps devant le show pour prendre des photos et semblent vraiment apprécier. Quelques morceaux à écouter : Religious Plagues, Divinity, Invictus. Très bonne découverte !

Petite anecdote qui devrait faire plaisir à Christine Boutin : Une bible a été brulée dans le public durant cette prestation. Du grand spectacle.

 

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Napalm Death **:

 

Je ne sais toujours pas si j'ai apprécié ou non la prestation de Napalm Death. En tout cas, ce concert nous aura donné quelques bonnes crises de rire au camping avec une série d'imitations en mode « Barneysomie ». Car pour les non-initiés, les mouvements scéniques du frontman de Napalm Death peuvent surprendre. Ce qui surprend encore plus c'est d'avoir Barney en interview juste avant un concert ou de le voir se promener calmement sur le site. Même son entrée de scène, paisible, ne laisse en rien imaginer la transe à venir. Dès les premières notes de Circumspect, le chanteur devient méconnaissable. Ses gestuelles sont en fait un déluge de n'importe quoi, totalement spontanés, entre spasmes et débilité profonde. Le son de Napalm Death est tellement violent qu'une enceinte de retour explose pratiquement aux pieds de Barney. Même pas mal, même pas peur ! A noter que Shane Embury, le bassiste, a été transporté à l'hôpital à la suite d'un malaise et qu'il fut évidemment remplacé.

 

Municipal Waste **:

 

Un bon show de « Crossover Thrash » plein de bonne humeur. Zombies, monstres et beuveries sont parmi les thèmes abordés par le groupe avec légèreté et second degré. C'est, on l'aura compris d'emblée, un genre parfaitement taillé pour le live. Le public (venu en masse) prend littéralement son pied. Mention spéciale à Tony Foresta, vraiment excellent du début à la fin, avec une puissance vocale impressionnante.

 

Dark Tranquillity ***:

 

On s'attaque à du gros calibre avec le célèbre groupe issu de la scène Death Mélodique de Göteborg. Une des plus importantes affluences du cette édition 2012, un public massif se place rapidement devant la Dave Mustage. Même si Coroner et Septic Flesh jouent plus tard, Dark Tranquillity est La tête d'affiche de la journée et fait honneur à ce titre. Rarement décevant en live, DT offre une nouvelle prestation de qualité, sans être exceptionnelle mais très agréable. Les qualités d'interprétation et de composition s'allient à un joli light show et à un écran géant diffusant de très belles images ainsi que quelques paroles de chansons. Mikael Stanne prouve une fois encore qu'il est un excellent frontman, bien meilleur que laissent penser certains « on-dit ». Dommage en revanche de zapper quelques très bons morceaux comme Punish My Heavenou Insanity's Crescendo. Mention spéciale à The Final Resistance,Misery's Crowet The Fatalist.

 

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Your Demise * :

 

Pas du tout mon truc.

 

Coroner **(*) :

 

Une petite déception devant le show des Suisses. Coroner était tellement attendu et adulé que je pense avoir placé la barre un peu haute pour finalement ressortir assez déçu. Beaucoup de monde pour ce concert et pas mal de fans au premier rang qui reprennent la moindre parole, le moindre riff en chœurs. L'ambiance est au rendez-vous. Attention, Coroner n'a pas été mauvais, loin de là, mais n'a pas été génial non-plus. J'ai aimé l'atmosphère sombre, un style très ambiancé, rare en matière de Thrash Metal et qui fait la particularité de ce groupe. Internal Conflics et Masked Jackal sont franchement excellents.

 

Septic Flesh ***:

 

Un groupe formidable qui vient de sortir deux albums fantastiques « Communion » et «The Great Mass », totalement encensés par la critique et qui ont permis au groupe de franchir les paliers rapidement ces dernières années. Septic Flesh est un groupe que l'on est habitué à voir en live assez régulièrement, qui multiplie les tournées et qui sent que le moment est venu d'enfoncer le clou. Disons le d'emblée, la prestation des Grecs a quelque peu divisée le public présent à Theix. Probablement la meilleur affluence du week-end sur la Supositor Stage, preuve que Septic Flesh a franchit un nouveau cap de notoriété en France. Le public ressort enchanté ou déçu, certain ne savent pas quoi penser. Septic Flesh doit être compris, il est difficile de rentrer dans ce type de show, très religieux, sombre et froid. C'est une ambiance très spéciale et éloignée des prestations chaudes et conviviales qu'on a pu voir dans l'après midi avec Crowbar ou Municpal Waste. Seth est très en voix, certainement un des meilleurs chanteurs de Death Metal à l'heure actuelle et sa performance globale est très bonne, même si l'utilisation de sa basse est anecdotique et sa façon de faire participer le public assez...pénible à la longue (Hey ! Hey ! Hey !...Hey ! Hey ! Hey !). L'utilisation de nombreux samples dérange un certain nombre d'observateurs, mais on notera logiquement qu'il est impossible pour le groupe reproduire ses (nombreux) arrangements symphoniques différemment, surtout sur une petite scène. Les morceaux  The Vampire from the Nazareth , Annubis et Commuion sont exceptionnels et le public reprend chaque refrain comme un seul homme. Septic Flesh quitte la scène après un Five-Pointed Star d'anthologie avant d'être littéralement acclamé par le public. Mission accomplie, malgré quelques petits défauts, la balance penche du côté des conquis.

 

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Nuit agité sur le camping, 4 heures de sommeil en 3 jours, la journée risque d'être longue.

 

Impureza ** :

 

Un très bon groupe franco-espagnol que l'on a déjà pu voir au Hellfest 2011 et qui commence à faire son trou à force d'enchainer les dates importantes. C'est pourtant face à quelques dizaines de personnes qu'Impureza ouvre les hostilités en ce dernier jour de festival. Visiblement, le réveil de certains metalleux est difficile. Je pense vraiment que pour sortir du lot, ce groupe devrait développer beaucoup plus le côté « flamenco » que l'on retrouve trop rarement sur quelques morceaux. On assiste malheureusement à un concert peu énergique et qui ne sort pas du lot, c'est d'autant plus frustrant que le potentiel est là. Du Brutal Death finalement assez basique.

 

Oil Carter ***:

 

C'est pour moi la meilleure découverte du festival. Oil Carter est un groupe français (héhé, encore un !) qui mélange des affluences Hard Rock, Stoner et Metal. Dès les premiers notes de guitare, on sent toute l'énergie positive arriver jusqu'à nous. 45 minutes de pur bonheur emmené par Christophe, le chanteur, en pleine forme vocale et en très bon rapport avec le public. Le son est impeccable (quel son de guitare !), le seul petit reproche (rien de bien méchant) à faire serait à l'encontre de Nils qui est un très bon guitariste mais qui devrait varier un peu plus ses plans pendant les solos. J'ai vraiment adoré ce concert alors que ce n'est pas mon style préféré. Oil Carter est parvenu à fédérer les plus réticents, ce qui prouve que la prestation fut très bonne. À noter que nous avons eu droit à Watch Me Away un excellent titre inédit extrait du prochain album du groupe prévu pour 2013.

 

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Collision *:

 

L'équipe de Black Roots Metallistic n'a pas été emballé par Collision. Du Hardcore/Grind pour les fans de pogos, pas beaucoup plus. J'ai personnellement trouvé de trop grandes similitudes entre chaque morceau, ce qui a vite installé la lassitude. Malgré quelques bons passages, je ne parviens pas à entrer dans l'univers de ce groupe et quitte la prestation avant la fin. Visiblement, je ne suis pas le seul.

 

Inhume *:

 

Sans être méchant, après Collision j'espérais quelque chose de rafraichissant mais le running order propose un nouveau groupe de Grind...Qui plus est très peu inspiré. Je reste 10 minutes avant d'aller faire une sieste, tout ceci commence à peser physiquement...et mentalement.

 

ADX *** :

 

Enfin un peu de variété dans la programmation après 3 heures de blast sans interruption...ADX est d'ailleurs fort bien accueillit par un public assez massif. Fondé en 1982, les Parisiens n'ont jamais jouit d'un succès à la hauteur de leur talent. C'est donc avec une grande satisfaction que l'on peut constater à quel point le public et le groupe ne forme qu'un seul homme aujourd'hui. Quelques effets pyrotechniques et un déluge de décibels limpides relèvent encore un peu plus l'excellent Heavy Speed envoyé aux spectateurs. Quelques passages nous rappellent Iron Maiden ou Judas Priest, bien entendu, alors que l'on s'étonne de voir autant de jeunes parmi les fans. Un très bon moment.

 

As They Burn ** :

 

Un nouveau groupe de Metalcore...Sympathique mais sans plus, As They Burn bénéficie d'un bon accueil, bien qu'ils n'étaient pas prévus initialement à l'affiche (ils remplacent Exit Ten). Pas grand chose à signaler, n'étant pas un grand fan du style je préfère laisser la parole aux spécialistes. Seules constations : bonne ambiance, prestation énergique et bonne maitrise technique.

 

Audrey Horne **:

 

L'équipe de Black Roots Metallistic se retrouve au complet devant Audrey Horne, du Hard Rock mélodique de « beaux gosses » qui pourrait s'avérer intéressant en live. Une prestation honnête mais des compositions qui sonnent beaucoup trop fm, au sens péjoratif du terme, malgré de bons passages instrumentaux. Le chanteur se donne à fond et, chose que je ne savais pas, Audrey Horne est un projet parallèle de Ice Dale, le guitariste d'Enslaved. En revanche, les musiciens multiplient tellement les clichés et poses « pour la photo » que cela en devient gênant.

 

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Pervert Asshole *:

 

Équipe de Black Roots Metallistic est une nouvelle fois au complet (moins d'interview ce dimanche) pour jeter un œil et une oreille sur les vainqueurs du tremplin Motocultor. Et ça ne sera vraiment qu'un seul œil et qu'une seule oreille tellement le show des parisiens ne nous touche pas et pire encore, nous agace. Musicalement du sous (et re sous) Motörhead, des déguisements hors sujet et une multitude de bandes sonores composées de jouissements. C'est de l'humour, mais ça ne nous amuse pas tellement l'ensemble est lourdingue et mal foutu. Le chanteur finit en caleçon avant de jouer avec un godemiché, le clou du spectacle. Du grand art, certainement, mais sans intérêt pour nous. On a vu plus drôle au camping.

 

Beatallica * :

 

J'attendais ce groupe avec curiosité et j'ai été plutôt déçu. Le concept de mélanger du Metallica avec les Beatles s'avère assez prometteur et plutôt drôle mais la prestation des Américains peine à décoller. Les morceaux sont au final assez bordéliques et le mélange pas tant maitrisé que ça. En revanche c'est le délire dans le public, la musique de Beatallica est en effet idéal pour festoyer en plein soleil. Pas beaucoup plus. À écouter par curiosité: Blackened the USSR, Sandman, Garage Dayz Nite.

 

Myrath ** :

 

Première formation Metal du monde Arabe à avoir signé chez une major, Myrath est le fier représentant du style au Maghreb et plus particulièrement en Tunisie. Le groupe se produit ce soir sans Elyes Bouchoucha , le claviériste, à la suite de problèmes administratifs. Le Heavy prog de Myrath noyé dans un océan de Death et de Grind ne semble pourtant pas dérouter les festivaliers amateurs de gros Metal. Mentions spéciales à Anis Jouini qui enchaine des plans de basse très techniques avec brio ainsi qu'à Zaher Zorgati qui remplit plutôt bien son rôle de frontman sans en faire des tonnes en plus d'être un excellent chanteur. Programmer ce groupe en début de soirée s'est avéré être une très bonne idée, le soleil se couche mais la chaleur reste très présente et l'ensemble donne une légère ambiance orientale romantique qui colle parfaitement au sujet. Myrath apporte fraicheur et finesse dans ce monde de brutes qui dégouline de graisse.

 

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Krisiun **:

 

Les Brésiliens ont la difficile tâche de remplacer Deicide. Les fans de Death Metal sont déjà en nombre devant les grilles de la Dave Mustage alors que j'attends mon sandwich depuis 20 minutes au stand bouffe. La prestation de Krisiun ne laissera pas un souvenir impérissable tellement la musique du groupe est linéaire et le son bien trop fort. Passé la surprise du début de set, surpuissant, l'ensemble s'effondre et laisse place à l'ennuie face à ce déluge de riffs bruts de décoffrage et au blast incessant. Les frères Kolesne dressent un autel à la violence qui enchante tout de même les plus trues death metalleux.

 

Nightmare ***:

 

C'est toujours un plaisir de retrouver les Heavy Metalleux de Grenoble, en plus d'être un gage de qualité. Nightmare enchaine les très bons albums et tourne jusqu'en Israël depuis quelques années. Le show est agréable mais bien trop prévisible, y compris dans les mimiques et interactions avec le public qui manque de spontanéités. Presque trop professionnels. On sent le groupe fatigué (ils reviennent de Suède) et les efforts sont remarquables afin de maintenir le show à un très bon niveau jusqu'à la fin. Les morceaux de The Burden of God sont remarquables et le grand classique Cosmovision éternellement efficace.

Jo Amore me fait toujours autant penser à Dio, le chanteur est en bonne forme vocale (mais non, pas Dio), les deux jeunes guitaristes envoient du lourd et la section rythmique parfaitement en place.

 

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LE show :

 

BEHEMOTH ****:

 

C'était surement le groupe le plus attendu du week-end et il n'a pas déçu, loin de là. Les spectateurs ne s'attendaient certainement pas à un show d'un tel niveau. Le groupe revient tout juste d'Allemagne où il a triomphé au Summer Breeze festival devant quelques 20 000 metalheads. Behemoth tourne beaucoup depuis le retour en bonne forme de Nergal et vient d'enchainer plusieurs festivals importants (Metalfest, Hellfest, Graspop, Bloodstock ou encore Roskilde...). On aurait donc pu imaginer le pire, de la démotivation ou de la fatigue. Ce soir, pas de grand spectacle, les décors et effets pyrotechniques ont été laissés au placard, ce qui, il faut bien avouer, chagrine déjà quelques fans. Ce qui est hallucinant, c'est cette tension presque palpable juste avant l'entrée de scène...Ce silence dans le public. Comme une grande messe, une cérémonie, un événement particulier que chacun attend fébrilement. Je n'avais jamais ressentis une telle atmosphère pour un concert, même si j'ai déjà eu la chance de voir Behemoth en fin d'après-midi au Hellfest et au Metalfest, l'ambiance de nuit est totalement différente et assez stupéfiante (vue de la fosse aux photographes encore plus). Entrée de scène théâtrale, comme toujours avant que l'excellent Ov Fire And The Void retentit dans la campagne bretonne qui semble n'avoir jamais été aussi sombre. Sans tomber dans les clichés (c'est déjà trop tard), l'atmosphère reste très lourde, difficile à décrire, comme si le temps venait de s'arrêter. Behemoth enchaine les morceaux, tous aussi puissants, sombres et excellemment bien interprétés. Le début du set est absolument génial avec Demigod, Moonspell Rites, Conquer All et la présence charismatique et froide du groupe, Nergal en grand maître de cérémonie. Finalement, les fans oublient rapidement l'absence de décors et de pyrotechnie dont nous avait habitué Behemoth tellement la prestation du groupe se suffit largement à elle-même. Les non-initiés découvrent. Même ceux qui ne sont pas forcement de grands fans de Death ou de Black restent bien plus longtemps que prévu. « Lucifer » conclut le show, presque titanesque, juste avant la sortie de scène du groupe qui donne quelques des frissons. Sans dire un mot, Behemoth quitte la scène après être resté immobile quelques minutes, dos tourné au public, dans l'ombre. Je suis comblé, alors que mes collègues de Black Roots Metallistic envoient des sms à Satan (ils ont le numéro les salauds !) : « Merci pour Behemoth ».

 

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Textures ***:

 

Excellente prestation de Textures qui malheureusement ne bénéficie pas de la meilleure plage horaire du week-end, pile calé entre Behemoth et Immortal. L'affluence est décevante et compte-tenu de la qualité du show, c'est assez frustrant. Textures est à la fois puissant et mélodique et offre une belle variété de rythmiques qui permettent aux premiers rangs de s'en donner à cœur joie dans le domaine du pogo. Personnellement, je trouve que c'est le genre de groupe à regarder sagement, attentivement, à savourer la technique et le talent des musiciens. La section rythmique est particulièrement impressionnante, parfois difficile à suivre dans sa technicité sans jamais atteindre l'overdose. Une bonne surprise, Textures reste efficace en live malgré un style particulier, technique et parfois assez complexe.

 

Immortal ***:

 

Marrant ! C'est le premier mot qui me vient à l'esprit pour décrire la prestation de cette légende du Black Metal Norvégien : Immortal. C'est dingue. Pourquoi c'est dingue ? Avez vous déjà vu des pandas se déplacer en crabes en haut d'une montagne, entourés d'effets pyrotechniques qui sortent de la neige sans la faire fondre et, bien entendu, jouant de leurs instruments électriques au milieu de se désert rocheux et neigeux ? Et bien si, c'est Immortal, ça existe et puis c'est tout !

Ce soir, Immortal enchaine ses plus grands tubes d'été, ceux qui devraient ne jamais être oubliés dans les meilleurs camping et boites de nuit branchées. One By One, Tyrants, All Shall Fall, Sons of Northern Darkness, In my Kingdom Cold...De quoi faire danser sur les plages !

Superbe prestation du groupe, très charismatique et emmené par un Abbath en pleine forme. Bien entendu, Immortal est à prendre au 5 ème degré et l'on sent bien que le groupe s'éclate à faire toute sortes de pitreries, de grimaces et de clichés purement Black Metal (le moment où Abbath se place aux grilles fut génial). À noter tout de même un son très sale et trop fort qui gâche un peu notre plaisir. Le groupe parfait pour conclure ces trois jours de folie.

 

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Conclusion :

 

Avec 11 000 festivaliers sur 3 jours, le Motocultor dépasse son objectif de 8000 qui devait lui assurer sa situation financière. Yann Le Baraillec part donc sur d'excellentes bases financières pour 2013.

On peut désormais mettre de côté les problèmes d'organisation. L'équipe du Motocultor festival devra travailler dur pour régler un certain nombre de détails très importants lié à l'accueil du public et des groupes, notamment. Doit rappeler que le « fabuleux » Hellfest, aujourd'hui exemple en termes d'organisation, a déjà vécu ce genre de problèmes en 2006 et 2007 avant de sérieusement rectifier le tir.

Je préfère me concentrer sur la programmation et féliciter et remercier l'organisation pour ce week-end formidable. L'équipe de Black Roots Metallitic ressort du site totalement éreintée mais satisfaite. Un festival est déjà fatiguant en temps normal mais devient parfois difficilement supportable sous la canicule. Heureusement que les artistes présents cette année on su nous tenir en haleine avec de nombreuses prestations de grandes qualités bien aidées par une qualité sonore globalement très bonne. J'espère sincèrement que la prochaine édition saura une nouvelle fois répondre à nos attentes et que l'on restera dans le même esprit. J'en profite d'ailleurs pour laisser quelques souhaits : Amon Amarth, Sabaton, Ensiferum, Lake of Tears, Moonspell, Kalmah, Insomnium et Watain (entres autres).

 

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                                                                                  (Zak, à droite, avec Arkona)

 

À noter qu'une pétition a été lancé en fin de week-end dans l'objectif d'inciter l'organisation à faire venir Patrick Sébastien pour la prochaine édition. Une bonne idée, même si je trouve qu'il y a déjà pas mal de Grind et de Brutal.

 


                                                                                                                                                         Report et Photos de Jérôme(Grhum)

 

 

 

Photos en bonne qualité disponible sur notre Facebook : https://www.facebook.com/pages/Black-Roots-Metallistic/136781566348289?ref=hl

 

Les interviews réalisées par les Zak et Martin seront bientôt en ligne !

 


 

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Publié dans Report Live

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J
Très bon report, tu as bien montré les problèmes d'orga de cette année. J'ai aussi trouvé que le son était nikel.<br /> Par contre, je vais te corriger sur un point, l'équipe sécu n'était pas Sentinelle, mais Contact. Je connais bien Sentinelle, et leur boulot est dix fois meilleur que ce qu'a fait Contact sur le<br /> fest.
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