Report live Behemoth au Moloco le 18 avril...

Publié le par L'équipe de Black Roots Metallistic

 

Tout commençait bien, on était pas trop à la bourre. On avait pas de nouvelle de Recueil Morbide avec qui on avait une interview de calée. On s'est donc retrouvé à tuer l'heure d'attente qui nous restait avant l'ouverture des portes à vider bière sur bière à l'Atmosphère, petit troquet des plus sympathique en face du Moloco. (On en profite pour rappeler que la consommation d'alcool c'est MAL!!!). Le patron dont on a jamais appris le nom nous a allègrement rincé la gueule. On se détendait tous après un longue journée de boulot. L'euphorie commençait à monter. Après tout c'est pas tous les jours qu'on voit Behemoth en salle lors d'une date hors tournée. On a d'ailleurs appris un peu plus tard que Nergal et sa meute avaient fait l'aller-retour Varsovie-Audincourt pour la soirée. Pour en avoir causé avec l'équipe d'organisation, il semblerait que le concept du festival Impetus sur les cultures divergentes ait plu au groupe qui a fait un bon en France pour l'occasion.

 

Quoi qu'il en soit, on passait un tellement bon moment dans cet Atmosphère de troquet de quartier en compagnie de metalleux Suisses à vider verre sur verre qu'on s'est même dit un moment « va-y on y va pas, le black metal c'est surfait ». Trêve de bêtises, on se retrouve très vite a se faire fouiller par le service de sécurité avant de rentrer dans la salle. Arrêtons nous tout de même cinq minutes sur ces tontons flingueurs qui servaient de gorilles pour la soirée. C'est la première fois que l'on voyait des types qui auraient presque pu être nos grand-pères nous demander d'ouvrir nos sacs. De ces vieux messieurs issus d'un autre temps parlant avec calme et tempérance d'une voix claire et perçante. Le genre de type que t'as pas envie d'emmerder tout simplement parce que si à leur âge ils sont encore videurs ça doit être des putain de tueurs. Quoi qu'il en soit on montre patte blanche mais on apprend que notre demande de passe photo n'a pas été retenue. Petite déception, tant pis on croisait les doigts pour une interview et on se disait qu'au pire pas avoir de photos du live c'était pas la mort.

 

Passage au bar obligé, on retrouve très vite nos amis de Radio Campus Besançon avec la Colère du Peuple. Le passage au bar s'éternise alors que Recueil Morbide commence son show. Pour ne rien vous cacher on ne connaissait pas la bête. Il s'agit de ce que la France fait de mieux en matière de Brutal Death. On avait eu l'occasion de croiser Johan, le bassiste, qui nous avait promis une interview en fin de soirée. Quoi qu'il en soit, un show implacable, propre, technique et surtout brutal. Un bon gros steak à cinq doigts pour commencer la soirée. C'est vrai qu'on est pas de grands adeptes de la chose d'ordinaire à Black Roots mais pour une fois c'était des plus savoureux. On se disait qu'il fallait être sacrément doué pour jouer en première partie de Behemoth. Recueil Morbide n'a pas failli et fut à la hauteur de la sombre bête Polonaise.

 

Le show terminé, le public bien mis en jambe, le sol commençant a être détrempé de bière, il était grand temps de repasser par la case comptoir. Tout allait bien, les filles étaient jolies, les gens détendus, on s'est retrouvé dehors à remercier l'équipe du festival pour leur accueil et pour leur boulot sur cette putain de soirée..

 

On sentait un petit truc dans l'air, comme si l'ensemble du public attendait quelque chose, quelque chose qui se préparait. On a appris à ce moment là qu'on aurait pas d'interview avec Behemoth, tout comme la quinzaine d'autres médias à en avoir demandé. Nergal est visiblement arrivé implacable et a juste dit: « No interviews ». Tant pis, ça sera pour une prochaine fois, si Satan le veut bien...

Le groupe n'avait pas passé des masses de temps dans la salle. Arrivés le matin même, ils avaient laissé les techniciens s'occuper de tout. Ils avaient gagné la salle un quart d'heure avant leur show. Nous ignorions que lorsque nous papotions devant la salle le groupe était en train d'entrer de l'autre côté.

 

Bien vite nous avons rejoints la foule. La salle n'était pas complète, ce fut un plaisir de pouvoir se faufiler jusqu'aux premières loges sans aucun soucis. J'ai toujours bien aimé ces moments avant les concerts, ces moments où l'on sait que ça va être grandiose et que l'on va s'en prendre plein les tripes.

L'obscurité tomba bien vite sur la salle. A celle-ci s'joutèerent les nuages de fumées et les premières note des mélopées d'ouvertures. La foule pressée en masse commença à scander le nom de cette atrocité: Behemoth, Behemoth, Behemoth...

 

Ils arrivèrent alors.

 

Tous de noir vêtus, d'un charisme et d'une prestance acquis par des centaines de concerts d'expérience à travers bien des contrées lointaines, ils étaient là, c'étaient eux, Behemoth.

 

Nergal arriva finalement en dernier.

 

Bien que de petite taille, il émane de lui une noblesse certaine, ce n'est pas pour rien qu'il a été plusieurs fois qualifié de Prince du black/death metal...

 

Ça y est, on y était.

 

Sur le coup on ne se rend pas compte, on part dans un déluge de noirceur, de prouesses techniques et de sombre somptuosité. En soit, le set est pauvre, presque dépouillé, on est loin des artifices et mascarades qui furent longtemps à la mode chez les black metalleux. Behemoth est là et cela suffit.

 

Les morceaux s'enchainent et durant les quelques (rares) allocution au public l'on comprend un réel plaisir de la part du groupe d'être là ce soir.

 

De Demigod à At the left ov God le groupe tire ses plus grands titres.

 

Le tout est d'une beauté peu commune. La beauté de la force brute, de la puissance et celle de l'excellence.

 

Le bassiste, Orion du haut de sa stature de taureaux fait rêver la gente féminine de la salle.

 

Le batteur, Inferno est largement digne d'un Hellhammer. On sera même surpris de voir un backliner se joindre à lui pour interpréter un titre derrières les futs.

 

On est bien. On boit des bières et on savoure ce son si bien fait.

 

Prêt d'une heure et demi de concert passe en quelques minutes. Ce fut savoureux. Le groupe revient pour deux derniers titres après un court break.

 

Pendant longtemps on comprenait pas pourquoi les groupes ne restaient pas plus longtemps. Finalement jouer un morceau ou deux ne leur coûte rien et le public et tellement heureux de la chose.

Pourtant, pour la première fois, je me suis rendu compte que tout était dit. En ajouter aurait gâché quelque chose.

 

C'est avec une certaine joie que nous nous retrouvâmes au bar pour une dernière bière.

 

On se dit des lieux communs juste pour éviter de trop penser que ce que l'on vient de voir est passé si vite...

 

Le public déambule lui aussi, visiblement un peu troublé par cette soirée...

Publié dans Report Live

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Jérôme 05/05/2013 12:36

Super ce live report ! Tellement bien retranscrit qu'on a l'impression d'y revivre.
Salutations des "métalleux suisses" du troquet ;)