Entretien avec Sublime Cadaveric Decomposition au Motocultor

Publié le par L'équipe de Black Roots Metallistic

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Bien que notre rédacteur préféré, Grhum n’ai vraiment pas pris son pied devant Sublime Cadaveric Decomposition on a passé un bon moment avec eux à leur poser tout un tas de questions… Le Grind n’est peut être pas tant que ça la trisomie du metal…

 

Salut, est-ce que tout va bien ?

Guillaume : Bah tout va bien, on est au complet, on est sorti de scène il y a pas longtemps, c’est tout frais et tout va bien.

Dagulard : Moi je suis encore sous adrénaline…

Pour commencer avec une question un peu bateau, est-ce que vous pouvez nous expliquer comment vous avez choisi ce nom « Sublime Cadaveric Decomposition ? »

Seb : Ca fait seize ans qu’on existe, on s’est monté à l’époque où toute la scène death/grind commençait à apparaître, c’était quelque chose qui était ancré dans les mœurs underground. C’était une époque ou il y avait beaucoup de magazine, il n’y avait pas Internet et tout ça. C’était aussi pour nous une façon de coller à la scène mais aussi de se démarquer des listes de vpc où t’avais douze milliards de groupes sur des feuilles A4 quand tu les recevais chez toi et quand tu avais un nom qui se détachait visuellement, déjà c’était une première démarche marketing. Et aujourd’hui seize ans après on garde le nom évidement.

Quelque chose à ajouter ?

Dagulard : Ah non pas du tout, c’est totalement une démarcher marketing. (rire)

Vous faite du grindcore commercial?

A la base c’était ça après on a décidé de réviser un peu la position… et s’adapter au cours des années, de mélanger les influences de chacun. Ce qui fait que le groupe au cours des années à essayer de chercher  plusieurs voies ce qui fait qu’on n’est plus forcément cataloguer grindcore underground comme c’était au départ.

Comme Pantera faisait du glam autrefois SCD, faisait du grind FM…(rire). Et justement à propos de cette question du grind, comment vous vous êtes dit un matin, « tiens, si on faisait du grind » ?

Guillaume :  Je pense que c’est un peu comme tous les groupes. Tu créé un groupe en fonction de la musique que tu aimes. Cela faisait un certain nombre d’année qu’on écumait la scène en tant que public death metal et grindcore/crust qui se faisait en Belgique en Allemagne. Quand on fonde un groupe on fait la musique qu’on écoute et après c’est au fur et à mesure des années que l’identité se fait vraiment.

Dagulard : Pour moi je dirai le grindcore, sans chauvinisme, c’est le mouvement qui a su garder son intégrité, les groupes sont toujours intéressant. Après comme toutes les scènes, il y a les bons groupes et les mauvais groupes. Au niveau de l’histoire des groupes il y a une certaine intégrité. Le trash le death, ça peut brasser large et franchement je m’y retrouve parce qu’en tant que musique extreme, des groupes comme Napalm Death, Nostromo, Converge se sont eux aussi fait appelé Grindcore. Il faut voir ce que ça regroupe aussi. Je pense que c’est un mouvement d’avenir qui ne s’épuisera jamais.

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Pour revenir au côté histoire que tu évoques, Sublime Cadavéric a mis six ou sept ans avant d’avoir  votre premier album qui s’intitule « 1 ». Comment ça se fait ?

Seb : Comme tu le dit on a débuté en 96, on a commencé à faire nos compos et des concerts vraiment underground. C’est là dessus qu’on a rencontré Bones Brigade qui est le premier label sur lequel on a signé. Il y a pas mal d’années où a bossé nos morceaux, où on a pris nos contacts et où on a essayé de se placer. Il y a des splits qui sont sortis dont un avec Rot qui était presque un album complet qui durait 45 minutes de mémoire.  C’est le suivant ou on a été seul sur le Cd qu’on a considéré comme le premier, on avait déjà fait un album avant mais qui ne compte pas vraiment.

Entre 2007 et 2011 si on dit pas de bêtises, vous avez eu Dirk le batteur de Soilwork en tant que batteur de sessions, comment est-ce que vous l’avez rencontré ?

Guillaume : On l’a rencontré à des concerts, on discutait beaucoup. A la base il apprécie beaucoup ce style. On la recontacté par mail tout simplement et il a répondu présent avec plaisir.

Dagulard : En fait si tu veux c’est un petit peu le genre d’ambiance qu’on voit dans des festivals comme celui-là, tout le monde se connaît un peu, on se croise tous à travers l’Europe voir à travers le monde et à force de se croiser, on garde les contacts.

Votre dernier album Sheep N’Guns a été critiqué par les fans de la première heure qui ont toujours le grand argument : « C’était mieux avant ». A quoi est du ce changement de ton musical et qu’auriez-vous à répondre à ça ?

Guillaume : C’est vrai qu’on nous dit ça à chaque fois ça. Mais si on n’évolue pas en seize ans, t’as le risque de te lasser toi-même de reproduire  toujours la même chose, on a tous des milliers de références en tête pour ça où tu te dis « ah tiens, un nouvel album, je l’ai pas déjà écouté celui-là ? »… Pour soi-même, pour le plaisir à le faire et l’évolution de nos goûts en seize ans, l’envie d’essayer de se faire des nouveaux challenges, on se dit à chaque album : « qu’est ce qu’on va essayer de faire par rapport à avant ». Après ça n’annule pas les albums précédents, ils existent de toute façon. Ils ne sont pas annulés, ça enrichie le panel. Même aujourd’hui on a joué des morceaux des anciens albums. Ok, les nouveaux sont un peu plus en avant. C’est bien qu’il y ait des gens qui apprécient ce qu’on faisait avant. Une partie du public apprécie ce qu’on fait maintenant et pas ce qu’on faisait avant au final ce qui fait plaisir c’est que tout le monde trouve à peu prêt son compte.

 

Dagulard : Par rapport à ça je voudrai ajouter une petite chose, en tant que fan de SCD, j’ai été fan avant d’y rentrer, je continue d’aimer Sublime pour l’intégralité de sa carrière. Après, j’ai envie de poser une question rigolote, pourquoi tant de critique et tant de haine alors que finalement ce n’est que de la musique… Au bout d’un moment, on a juste peut être fait preuve maturité, je ne dit pas que ceux qui font toujours la même chose ne font pas preuve de maturité, quand tu grandis t’arrives à un âge adulte :on sait mieux jouer, on brasse toutes nos influences qui restent typiquement grindcore. On ne fait que rendre hommage à ce style, aux pioniers du grind. Il y a des groupes qui doivent se dire, « après nous d’autres continuent de faire aimer le mouvement et évoluer ».

Il y a des groupes qui stagne, évoluer c’est bien, il y aura toujours ceux qui pense qu’évoluer c’est bien. Après c’est de la psychologie, ce n’est plus de la musique. Ceux qui n’aime pas nos nouveaux albums, quand ils nous voient en live ils comprennent que la formule n’a pas changé. Il y a toujours des riffs qui cognent la tête. La formule reste la même. On fait preuve de bon goût. On va pas non plus se mettre à poser des scratchs. Au bout d’un moment il faut que les gens ils arrêtent, ah la moindre évolution tout de suite c’est « ah c’est pas bien ». Je crois aussi que c’est un moyen de ne pas être limité. On aime Suffocation, on aime Entombed, Nasum, Napalm Death tout ces groupes et au bout d’un moment ça se ressent sur notre musique.

 

La deuxième question polémique qui est vraiment axée sur le grind en lui-même est un peu plus violente : certain pense que le grind est la trisomie du metal…

Dagulard : J’en ai entendu parler. Mais à propos du hardcore. (rire). Là encore c’est quand même marrant quand le purement musicale déborde sur le psychologique ou le social. Pour répondre à ces personnes qui doivent faire partie des élites bien pensantes du milieu metal , oui si le grind est la trisomie du metal ça veut dire que tous les fans de grind sont des trisos…

Guillaume : Oui, le grind est la version du metal la plus extrême, c’est même un des codes de ce courant, pousser tout au maximum avec des morceaux raccourcis, des blast à fond des riffs qui soient complètement poussé à l’extrême. C’était un peu la même chose avec d’autre style de musique, le punk qui était passé dans le crust, c’était un peu la jonction avec tous ces styles qui voulaient aller plus loin. Là où c’est vachement intéressant, si on prend des groupes comme Carcass qui ont déjà fait des choses très épurés à la base ils ont évolué avec des albums bien au-delà de la musique de départ qu’ils ont d’ailleurs contribués à construire pour arrivé à un style vachement abouti.

Est-ce que le Grind n’aurait pas conservé un côté punk que le metal aurait perdu ?

Guillaume : C’est un mélange des deux pour moi. J’écouté les deux. J’avais commencé avec le death metal et après parallèlement le punk, le grind et le crust. Finalement les premiers concerts qu’on allait voir le public se retrouvait mélangé. Le grind, le death et le crust pouvant être tellement proche que finalement ils se retrouvaient sur les mêmes affiches. Une partie plus politisée avec des tracts à la sortie… Aujourd’hui on a encore un peu cet esprit dans les festivals où on a des groupes punks et des groupes metal qui se retrouvent.

Pour les questions existentielles avant de clôturer cette interview, au camping, vendredi matin après une nuit éprouvante d’alcool, d’abus et d’excès on a vu un mec à poil en plein soleil se gerber sur son intimité au réveil, vous en pensez quoi ?

Dagulard : D’abord, est-ce que c’est vrai, est-ce qu’il n’y a pas un peu de désinformation là-dessous ?

Ah nan, carement c’était chez nos voisins…

Guillaume : Vous avez bien commencez votre festival, la journée a continué dans ce sens là ?

Hélas nan…

Dagulard: J’aurai voulu voir ça, chacun apprécie son festival comme il le souhaite. Après, c’est vrai, si j’avais dépensé de la thune pour venir au festival, j’aurai préféré rester conscient pour voir les groupes tu vois essayer de rentabiliser. Tu sais pas ce que vivent les gens dans leur vie de tous les jours, des fois ils exultent un peu de manière insensée.

Guillaume : Tous les grands festivals sont des orgies, on le sait tous, on va voir des choses qu’on ne verra pas le reste de l’année. Tout le monde se lâche. Et à la limite, ça fera toujours des anecdotes à raconter. Sur le moment, le vomi sur la bite cuite au soleil ça peu refroidir le début journée mais au final…

Et qu’est ce que vous chantez sous la douche ?

Seb : Je chante rien sous la douche…

Duff : Je chante comme un disque rayé sous la douche…

Dagulard :Très sérieusement, le premier morceau du premier album de Brutal Thruth, en fait je chante que les riffs…

 


 


 

C’est quoi votre couleur préférée ?

Guillaume : Le Noir

Dagulard : Le noir c’est pas mal.

Duff : Le mauve pâle…

Comment est-ce que vous définiriez SCD avec des termes culinaires ?

Guillaume : Un plat espagnol bien epicé, un truc qui arrache bien.

Rien de pourrissant finalement ?

Dagulard : Chais pas moi un roquefort.

Seb : Un wishy seize ans d’âge.

Dagulard : Mais là c’est pas de la nourriture, c’est de l’alcool.

Seb :Bah c’est de la nourriture.

  

 

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